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← L'ExplicationVocabulaire · 105 mots

Les mots, expliqués

Le vocabulaire n'est pas un obstacle à franchir avant de comprendre un texte : c'est ce qui permet de le dire. Un correcteur ne met pas de points pour le mot « anaphore », il en met pour ce que tu montres grâce à lui. Voici donc chaque mot du programme en une phrase, avec un exemple — et tu les retrouveras expliqués partout où ils apparaissent sur le site, sans avoir à revenir ici.

Les figures de style

Ce que l'auteur fait avec les mots pour produire un effet.

accumulation
On entasse les mots, encore et encore, pour donner une impression de trop-plein.
allégorie
Une idée qu'on ne peut pas voir (la mort, la justice) devient un personnage qu'on peut voir. La Mort dessinée en squelette avec une faux : l'idée a pris un corps.
anaphore
Le même mot revient au début de plusieurs phrases ou de plusieurs vers, comme un refrain. « Rien de ce que je vois… Rien de ce que j'entends… Rien ne me console. »
antithèse
On met deux idées opposées l'une à côté de l'autre pour que chacune se voie mieux. « Ici la vie, là la mort. »
chiasme
Quatre éléments rangés en miroir : A B, puis B A. « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. »
comparaison
On rapproche deux choses en le disant clairement, avec un petit mot comme « comme », « tel », « pareil à ». « Il dort comme un enfant » — on voit les deux choses, l'homme et l'enfant.
énumération
Une liste de mots à la suite, qui donne l'impression que ça n'en finit pas. « Des cris, des rires, des pleurs, des chants. »
euphémisme
On remplace un mot qui fait peur ou qui choque par un mot plus doux. « Il nous a quittés » à la place de « il est mort ».
gradation
Les mots se suivent du plus faible au plus fort, comme une marche qui monte. « Il est agacé, énervé, furieux. »
hyperbole
On exagère énormément, exprès, pour frapper. « Je meurs de faim » — on n'en meurt pas vraiment.
ironie
On dit le contraire de ce qu'on pense, et on s'arrange pour que le lecteur le comprenne. « Quelle belle journée ! » sous la pluie battante.
litote
On dit moins pour faire comprendre beaucoup plus, souvent avec une négation. « Ce n'est pas mauvais » veut dire « c'est très bon ».
métaphore
On appelle une chose par le nom d'une autre, parce qu'elles se ressemblent — et sans prévenir avec « comme ». « Cet homme est un lion » : il n'est pas un lion, il est courageux comme un lion.
métaphore filée
Une image qu'on continue sur plusieurs phrases, au lieu de l'utiliser une fois et de passer à autre chose. Si tu dis d'un chanteur qu'il « décolle », puis qu'il « survole la salle », puis qu'il « atterrit » : tu as filé l'image de l'avion.
métonymie
On nomme une chose par une autre qui est à côté d'elle, ou qui en fait partie. « Boire un verre » : on boit ce qu'il y a dedans, pas le verre.
oxymore
Deux mots qui se contredisent, collés l'un à l'autre exprès. « Une obscure clarté » : c'est sombre et c'est clair en même temps, et c'est ce choc qui frappe.
parallélisme
Deux phrases construites exactement pareil, l'une après l'autre. « Le jour se lève, la nuit s'efface. »
périphrase
On décrit une chose au lieu de la nommer, en plusieurs mots. « L'astre du jour » pour dire « le soleil ».
personnification
On fait agir un objet, un animal ou une idée comme s'il était une personne. « La rivière chante » : une rivière ne chante pas, seul quelqu'un chante.
prétérition
On annonce qu'on ne va pas parler d'une chose — et en le disant, on en parle. « Je ne dirai rien de son mensonge. »

Le vers et le son

Tout ce qui compte quand un texte est en vers.

alexandrin
Un vers de douze syllabes, le plus courant en poésie française. « Je-t'ai-me-de-puis-si-long-temps-que-je-l'ou-blie » : compte, il y en a douze.
allitération
Le même son de consonne revient plusieurs fois de suite et s'entend. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » — on entend le sifflement.
assonance
Le même son de voyelle revient plusieurs fois et donne une couleur au vers. « Les sanglots longs des violons » : le son « on » revient trois fois.
blanc typographique
Le vide laissé sur la page : il fait silence, et le silence dit quelque chose.
césure
La coupure au milieu du vers, là où la voix marque une pause.
contre-rejet
L'inverse du rejet : le mot est lâché à la fin du vers, alors qu'il appartient à la phrase qui suit.
diérèse
On prononce en deux syllabes un mot qu'on dit d'habitude en une seule, pour que le vers tombe juste. « vi-o-lon » et non « vio-lon ».
enjambement
La phrase ne s'arrête pas à la fin du vers : elle continue sur le vers suivant, sans reprendre son souffle.
hémistiche
La moitié d'un vers, de part et d'autre de la coupure du milieu.
octosyllabe
Un vers de huit syllabes : plus court, il va plus vite.
quatrain
Un groupe de quatre vers.
rejet
Un mot court qui devait tenir dans le vers précédent, et qu'on repousse au début du vers suivant : du coup, on ne voit que lui. « … le soleil / Luit » : « Luit » est seul en tête de vers, et il éclate.
sonnet
Un poème de quatorze vers : deux groupes de quatre, puis deux groupes de trois.
strophe
Un paquet de vers séparé des autres par une ligne blanche, comme un paragraphe en poésie.
tercet
Un groupe de trois vers.
vers libres
Des vers qui ne comptent pas leurs syllabes et ne riment pas forcément : le poète choisit lui-même où couper.

La grammaire

Les mots de la question de grammaire, à l'oral.

apostrophe
On s'adresse directement à quelqu'un — ou à une chose — en l'appelant. « Nature, berce-le » : on parle à la nature comme à une personne.
article indéfini
« Un », « une », « des » : ils désignent n'importe lequel, pas celui qu'on connaît déjà. « Un soldat » : on ne sait pas qui, et c'est pour cela que ce peut être n'importe qui.
conditionnel
Le temps du verbe qui dit « ce serait vrai si… » : ce n'est pas un fait, c'est une supposition. « Il sourirait comme un enfant » : ce sourire n'est peut-être pas un vrai sourire.
impératif
Le mode du verbe qui donne un ordre ou une prière. « Berce-le », « viens », « écoute ».
inversion
Le sujet passe derrière son verbe, alors qu'il devrait être devant. « Où chante une rivière » : on entend le chant avant de savoir qui chante.
juxtaposition
Des mots ou des phrases posés les uns après les autres, séparés par une virgule, sans mot de liaison. « Bouche ouverte, tête nue » : rien ne relie, tout est côte à côte.
négation
La façon de dire non : « ne… pas », « ne… jamais », « ne… rien ».
phrase nominale
Une phrase sans verbe conjugué : elle tombe d'un coup, comme une note. « Silence. Puis un cri. »
présentatif
Un petit mot qui montre, comme un doigt tendu : « c'est », « voici », « il y a ». « C'est un trou de verdure » : le décor est planté d'un coup.
subjonctif
Le mode du verbe qui sert quand la chose n'est pas sûre, ou qu'elle est seulement souhaitée. « Qu'il vienne ! »
subordonnée
Un morceau de phrase qui ne peut pas vivre tout seul : il dépend d'un autre. Dans « Je pars parce qu'il pleut », « parce qu'il pleut » est la subordonnée.

Le récit

Comment une histoire est racontée, et par qui.

apologue
Une petite histoire qui sert à faire comprendre une leçon. Une fable de La Fontaine : des animaux, et une morale à la fin.
chute
La dernière phrase, qui retourne tout ce qu'on venait de lire. « Il a deux trous rouges au côté droit » : le dormeur était mort depuis le début.
discours direct
Les paroles sont données telles quelles, entre guillemets ou après un tiret.
discours indirect
Les paroles sont rapportées par quelqu'un d'autre, dans sa propre phrase. « Il dit qu'il viendrait. »
discours indirect libre
On entend les pensées d'un personnage sans qu'on annonce « il pensait que » : sa voix se mélange à celle du narrateur. « Il regarda la porte. Partirait-elle vraiment ? » — c'est lui qui se le demande.
ellipse
On supprime des mots — ou tout un moment de l'histoire — et le lecteur comble le trou tout seul.
focalisation
À travers les yeux de qui on voit la scène : de celui qui sait tout, ou d'un seul personnage.
incipit
Le tout début d'un roman : les premières lignes, celles qui doivent donner envie et poser le décor.
narrateur
Celui qui raconte l'histoire — ce n'est pas forcément l'auteur, et il peut mentir.

Le théâtre

Ce qui n'existe que sur une scène.

aparté
Un personnage dit tout bas quelque chose que le public entend et que les autres personnages n'entendent pas.
dénouement
La fin de la pièce, le moment où tous les nœuds se défont.
didascalie
Les indications de l'auteur qu'on ne dit pas sur scène : qui entre, qui sort, sur quel ton. « (Il sort.) »
double énonciation
Au théâtre, un personnage parle à un autre personnage — mais l'auteur, lui, parle en même temps au public.
monologue
Un personnage seul en scène qui parle à voix haute : on entend ce qu'il pense.
quiproquo
Un malentendu : un personnage croit qu'on parle d'une chose, alors qu'on parle d'une autre.
stichomythie
Les personnages se répondent par répliques très courtes, du tac au tac : la dispute s'accélère.
théâtre dans le théâtre
Une pièce jouée à l'intérieur de la pièce : les personnages deviennent spectateurs à leur tour.
tirade
Une longue prise de parole d'un personnage, sans que personne le coupe.

Les idées

Les mots pour parler de ce qu'un texte défend.

a posteriori
Ce qu'on ne sait qu'après avoir vu, essayé, vécu.
a priori
Ce qu'on sait avant toute expérience, rien qu'en réfléchissant.
aliénation
Devenir étranger à soi-même : ce qu'on fait ne nous appartient plus. L'ouvrier qui fabrique toute la journée une pièce dont il ne verra jamais l'objet fini.
aporie
Une impasse : les deux réponses possibles se valent, et l'on ne peut pas trancher.
argumentation indirecte
On défend une idée sans la dire franchement : on raconte une histoire, et c'est l'histoire qui convainc.
autonomie
Se donner à soi-même ses propres règles, et leur obéir parce qu'on les a choisies. Le contraire, c'est obéir à une règle qu'un autre a posée pour toi.
champ lexical
Tous les mots d'un texte qui parlent du même sujet, même s'ils sont éparpillés. « berceau », « lit », « bercer », « chaud » : le champ lexical du sommeil de l'enfant.
cogito
Le raisonnement de Descartes : je peux douter de tout, mais pas du fait que je suis en train de douter — donc j'existe. « Je pense, donc je suis. »
contingent
Qui aurait pu ne pas être, ou être autrement. Ta date de naissance est contingente ; que 2 + 2 fasse 4 ne l'est pas.
contrat social
L'idée que la société repose sur un accord : chacun renonce à un peu de liberté pour être protégé.
déterminisme
L'idée que tout ce qui arrive a une cause, et que rien n'aurait pu se passer autrement. Si on connaissait toutes les causes, on saurait d'avance ce que tu vas choisir.
dialectique
Une façon de penser où l'on avance en opposant deux idées, jusqu'à ce que le choc en fasse naître une troisième.
dogmatisme
L'attitude de celui qui affirme sans examiner, et qui n'accepte pas d'être contredit.
écopoétique
Une façon de lire les textes en regardant la place qu'ils donnent à la nature et au vivant.
empirisme
L'idée que tout ce qu'on sait vient de l'expérience : on apprend en voyant, en touchant, en essayant.
état de nature
Une expérience de pensée : à quoi ressembleraient les hommes s'il n'y avait ni lois ni société ?
fin'amor
L'amour des chevaliers du Moyen Âge : on aime une dame de loin, on la sert, et on ne l'obtient presque jamais.
hétéronomie
Obéir à une règle qui vient d'ailleurs : des parents, d'une loi, d'une envie qu'on ne maîtrise pas.
immanence
Ce qui est entièrement dans le monde, sans rien au-dessus.
inconscient
La partie de toi qui agit sur ce que tu fais sans que tu t'en aperçoives. Un lapsus : tu voulais dire un mot, tu en dis un autre.
libre arbitre
Le pouvoir de choisir vraiment, sans que rien ni personne décide à ta place.
locus amoenus
Un coin de nature parfait — herbe, eau, ombre, calme — qu'on trouve depuis l'Antiquité dans les poèmes.
maxime
Une phrase courte qui prétend dire une vérité valable pour tout le monde. « On ne prête qu'aux riches. »
nécessaire
Qui ne peut pas être autrement, quoi qu'on fasse.
objectif
Qui ne dépend pas de celui qui regarde : tout le monde peut le vérifier.
paradoxe
Une idée qui va contre ce que tout le monde croit — et qui, pourtant, tient debout.
problématique
La question précise à laquelle tout le devoir répond — et à laquelle la réponse n'est pas évidente.
prosaïque
Se dit d'un mot ordinaire, terre à terre, qu'on n'attend pas dans un poème. « Un trou » au milieu d'un beau paysage.
rationalisme
L'idée que la raison seule, sans expérience, peut atteindre certaines vérités. On sait qu'un triangle a trois côtés sans avoir besoin d'en mesurer un.
réfutable
Une affirmation est réfutable quand on peut imaginer une observation qui prouverait qu'elle est fausse. « Tous les cygnes sont blancs » : il suffirait d'un cygne noir. C'est ce qui en fait une phrase scientifique.
registre
L'effet que le texte cherche à produire sur toi : te faire rire, te faire pleurer, t'impressionner. Registre comique (on rit), tragique (c'est perdu d'avance), lyrique (on chante ses sentiments).
relativisme
L'idée qu'il n'y a pas de vérité valable pour tous : chacun la sienne, chaque société la sienne.
scepticisme
L'attitude de celui qui suspend son jugement : il ne dit ni oui ni non tant qu'il n'est pas sûr.
sophisme
Un raisonnement qui a l'air juste et qui est faux, souvent fait exprès pour tromper.
subjectif
Qui dépend de celui qui ressent : cela change d'une personne à l'autre.
syllogisme
Un raisonnement en trois temps : deux affirmations, et la conclusion qui en découle forcément. Tous les hommes sont mortels ; Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel.
thèse
L'idée qu'un auteur défend, celle qu'il veut te faire accepter.
transcendance
Ce qui est au-dessus et au-delà du monde où l'on vit, hors de sa portée.
universel
Valable pour tout le monde, partout, tout le temps.
utilitarisme
Juger une action à ses conséquences : elle est bonne si elle produit le plus de bonheur pour le plus de gens.