La personnification
du latin persona, « personne », et facere, « faire ».
Qu'est-ce que la personnification ?
attribuer à une chose, une idée ou un animal des traits, des actions ou des sentiments humains.
La personnification donne vie à l'inanimé. Elle rend le monde sensible, inquiétant ou complice, et permet au poète de dialoguer avec ce qui, normalement, ne répond pas.
Comment la repérer
Un objet, un élément naturel ou une abstraction qui agit, parle ou ressent comme un être humain.
Deux exemples analysés
Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Le temps est traité comme un être doué de volonté, à qui l'on peut demander de s'arrêter. La personnification (doublée d'une apostrophe) transforme une abstraction en interlocuteur : elle rend palpable le désespoir de l'amant devant la fuite des instants.
Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible
L'horloge devient un « dieu sinistre » : la personnification en fait une divinité menaçante qui gouverne l'homme. L'objet du quotidien se charge d'une puissance terrifiante, incarnant le temps qui condamne.
À quoi ça sert, dans ta copie
Cherche l'intention : la personnification rend-elle le monde bienveillant, hostile, vivant ? À qui, à quoi donne-t-elle une voix, et pourquoi ?
La figure dans les textes du programme
Une figure ne s'apprend pas seule. Voici les explications linéaires du site où celle-ci est analysée en situation — c'est là qu'on voit ce qu'elle produit, et comment on en parle dans une copie.
- Rimbaud, Cahier de Douai — « Le Dormeur du val » — la nature qui berce
- Zola, L'Assommoir — l'alambic en « travailleur morne, puissant et muet »
- Musset, On ne badine pas avec l'amour — le dénouement (III, 8)