L'anaphore
du grec anaphorá, « action de reporter en avant, de reprendre ».
la répétition d'un même mot ou groupe de mots en tête de vers, de phrases ou de propositions qui se suivent.
C'est une figure d'insistance : en revenant au même point de départ, elle martèle une idée, crée un rythme et fait monter l'émotion ou l'argumentation. On la trouve partout — en poésie, au théâtre, dans les discours et jusque dans les chansons.
Comment la repérer
Regarde le début des vers ou des phrases : si le même terme y revient deux fois ou plus, tu tiens une anaphore.
Deux exemples analysés
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
L'anaphore de « j'irai » mime la marche obstinée du père en deuil qui rejoint la tombe de sa fille. La répétition efface le paysage — forêt, montagne se valent — pour ne laisser que le mouvement, mécanique, inéluctable. Le rythme du vers devient celui d'un pas qui ne s'arrête pas.
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
L'anaphore de « Sur » ouvre une énumération sans fin : du plus intime (les cahiers) au plus vaste (la neige), la liberté s'inscrit partout. L'accumulation devient totale — rien ne lui échappe — et, sous l'Occupation, transforme le poème en litanie de résistance.
À quoi ça sert, dans ta copie
Nommer l'anaphore ne suffit jamais : ce qui note, c'est l'effet. La même figure produit ici l'obsession du deuil, là l'ampleur d'un idéal. C'est le contexte qui décide.