Les Fleurs du mal
Charles Baudelaire
De quoi ça parle
Un recueil construit comme un itinéraire : partir du « Spleen et Idéal », traverser les « Tableaux parisiens », le vin, la révolte, et arriver à la mort. Baudelaire y cherche à tirer la beauté de ce qui n'était pas censé en avoir — la ville, la laideur, le mal.
« Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre ? »
C'est presque toujours la première question. Une réponse vague (« j'ai bien aimé ») coûte cher, parce qu'elle laisse penser que le livre n'a pas été lu.
Le recueil a été condamné en justice l'année de sa parution : six pièces retirées, une amende. Peu de livres de poésie ont eu à ce point le statut d'objet dangereux, et le titre lui-même annonce le programme — faire des fleurs avec du mal.
Le lien avec ton programme
Rattacher sa lecture cursive à une œuvre étudiée en classe est ce qui distingue le plus nettement un bon entretien d'un entretien moyen : cela prouve que tu as lu les deux.
Rimbaud a seize ans et lit Baudelaire, qu'il appellera « le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu ». Comparer « Le Dormeur du val » à « Une charogne », ou la ville du Cahier de Douai aux « Tableaux parisiens », permet de montrer ce que l'un doit à l'autre — et ce qu'il en fait de neuf.
À retenir par cœur
Les questions probables
Prépare-les à voix haute, pas dans ta tête : l'entretien est un oral, et huit minutes sont longues quand on n'a rien préparé.
Question 1
Pourquoi avoir choisi Les Fleurs du mal ?
Le procès de 1857 est le meilleur point de départ : un recueil de poèmes jugé et condamné pour outrage à la morale publique. Enchaîne sur le titre, qui est un oxymore et un programme.
Question 2
Que signifie le titre ?
Analyse-le mot à mot. « Fleurs » : la beauté, le poème, ce qui pousse. « Mal » : à la fois le vice, la souffrance et la maladie. L'oxymore annonce le projet — extraire la beauté de ce qui devrait la rendre impossible, ce que Baudelaire formule dans un projet d'épilogue : « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or. »
Question 3
Qu'est-ce que le spleen ?
Ne dis pas « la tristesse ». C'est un mot anglais qui désigne la rate, siège supposé de la bile noire : une mélancolie physique, sans cause et sans issue, qui s'oppose à l'Idéal. Cite un des quatre poèmes intitulés « Spleen » et montre comment le paysage y devient un état intérieur.
Question 4
Baudelaire est-il un poète romantique ?
Réponds « à la charnière », et argumente. Romantique par le lyrisme et le mal de vivre ; moderne par l'objet — la ville, la foule, la prostituée, la charogne — et par le travail de la forme, qu'il revendique contre l'inspiration. C'est lui qui invente le mot « modernité ».
Question 5
Un poème peut-il être immoral ?
Question ouverte, et le procès de 1857 te donne un cas concret. Appuie-toi sur la défense de Baudelaire : décrire le mal n'est pas le recommander, et un livre qui montre la chute peut être plus moral qu'un livre qui la tait.