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La gradation

du latin gradus, « le degré, la marche ».

une succession de termes disposés selon une intensité croissante (ou décroissante).

La gradation fait monter (ou descendre) le sens marche après marche. Ascendante, elle crée un effet d'accélération et de climax ; descendante, un effet d'apaisement ou de chute.

Comment la repérer

Repère une énumération ordonnée dont les termes vont du plus faible au plus fort (ou l'inverse).

gradation = progression ordonnéeénumération = simple liste (sans progression)accumulation = amas, sans ordre d'intensité

Deux exemples analysés

Corneille — Le Cid

Va, cours, vole, et nous venge.

Les trois verbes forment une gradation ascendante (« va » → « cours » → « vole ») : l'urgence et la force de l'ordre de Don Diègue s'intensifient jusqu'à l'image de l'envol.

Rostand — Cyrano de Bergerac

C'est un roc ! … c'est un pic ! … c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? … C'est une péninsule !

La gradation ascendante, du « roc » à la « péninsule », enfle le nez de Cyrano jusqu'au vertige : l'exagération devient un feu d'artifice verbal, à la fois comique et virtuose.

À quoi ça sert, dans ta copie

Repère le sommet de la gradation (le climax) : c'est là que se concentre l'effet — émotion, ironie, emphase.

Formulation type : « La gradation ascendante « … » fait monter … jusqu'à …, produisant un effet de … »
L'erreur à éviter : Parler de gradation pour une simple liste : il faut une véritable progression d'intensité.

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