La gradation
du latin gradus, « le degré, la marche ».
Qu'est-ce que la gradation ?
une succession de termes disposés selon une intensité croissante (ou décroissante).
La gradation fait monter (ou descendre) le sens marche après marche. Ascendante, elle crée un effet d'accélération et de climax ; descendante, un effet d'apaisement ou de chute.
Comment la repérer
Repère une énumération ordonnée dont les termes vont du plus faible au plus fort (ou l'inverse).
Deux exemples analysés
Va, cours, vole, et nous venge.
Les trois verbes forment une gradation ascendante (« va » → « cours » → « vole ») : l'urgence et la force de l'ordre de Don Diègue s'intensifient jusqu'à l'image de l'envol.
C'est un roc ! … c'est un pic ! … c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? … C'est une péninsule !
La gradation ascendante, du « roc » à la « péninsule », enfle le nez de Cyrano jusqu'au vertige : l'exagération devient un feu d'artifice verbal, à la fois comique et virtuose.
À quoi ça sert, dans ta copie
Repère le sommet de la gradation (le climax) : c'est là que se concentre l'effet — émotion, ironie, emphase.
La figure dans les textes du programme
Une figure ne s'apprend pas seule. Voici les explications linéaires du site où celle-ci est analysée en situation — c'est là qu'on voit ce qu'elle produit, et comment on en parle dans une copie.
- Tristan et Iseut — « la passion… l'angoisse sans fin… et la mort »
- Voltaire, Candide — les canons, la mousqueterie, la baïonnette
- Musset, On ne badine pas avec l'amour — la tirade de Perdican (II, 5)
- Sarraute, Pour un oui ou pour un non — s'approcher de l'appât, le mordre, être pris