La litote
du grec litotês, « simplicité, apparence modeste ».
Qu'est-ce que la litote ?
dire moins pour faire entendre plus — souvent par une négation.
La litote atténue en apparence, mais suggère beaucoup plus qu'elle ne dit. Sous la retenue perce une intensité que le lecteur doit reconstituer : c'est la figure de la pudeur et de l'implicite.
Comment la repérer
Repère une formulation faible ou négative qui, en contexte, veut dire bien davantage (« ce n'est pas mauvais » = « c'est excellent »).
Deux exemples analysés
Va, je ne te hais point.
Chimène ne peut avouer son amour à Rodrigue, meurtrier de son père. « Je ne te hais point » dit, sous la négation, un amour immense et interdit : la pudeur même trahit la passion.
Ce n'est pas mauvais.
La double atténuation (négation + « mauvais ») signifie en réalité « c'est très bon » : la litote laisse au lecteur le plaisir de compléter.
À quoi ça sert, dans ta copie
Analyse ce que la retenue cache : un sentiment trop fort, un interdit, une émotion contenue. La litote dit toujours plus qu'elle n'énonce.
La figure dans les textes du programme
Une figure ne s'apprend pas seule. Voici les explications linéaires du site où celle-ci est analysée en situation — c'est là qu'on voit ce qu'elle produit, et comment on en parle dans une copie.
- Molière, Tartuffe — « je n'en suis pas moins homme » — la double négation qui affirme
- Marivaux, L'Île des esclaves — « cela est mal placé », dit des coups reçus
- Montesquieu, Lettres persanes — « Je ne sais où j'en suis »
- Corneille, Le Menteur — le mensonge démasqué (III, 5)