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La métaphore

du grec metaphorá, « transport ».

un rapprochement entre deux réalités sans outil de comparaison : on remplace ou on identifie l'une à l'autre, sans « comme ».

La métaphore transporte le sens d'un mot vers un autre par ressemblance. Plus condensée que la comparaison, elle fait surgir une image d'un seul coup — et peut se prolonger sur plusieurs vers : c'est alors une métaphore filée.

Comment la repérer

Cherche un mot employé hors de son sens propre, qui en désigne un autre par ressemblance, sans « comme » ni « tel ».

métaphore = sans outilcomparaison = avec « comme »métaphore filée = prolongée

Deux exemples analysés

Victor Hugo — « Booz endormi », La Légende des siècles

Et cette faucille d'or dans le champ des étoiles

La lune devient une « faucille d'or » et le ciel un « champ » : la métaphore agraire transforme la voûte céleste en scène de moisson. Elle relie le cosmos au monde paysan de Booz et charge l'image d'une promesse de fécondité.

Charles Baudelaire — « Correspondances », Les Fleurs du mal

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles

En identifiant la Nature à un « temple », la métaphore la rend sacrée : les arbres deviennent des « piliers » vivants. Tout le poème repose sur cette image, qui fait du monde un lieu de culte où l'homme déchiffre des signes.

À quoi ça sert, dans ta copie

Demande-toi toujours ce que l'image ajoute : quel prestige, quelle valeur, quelle émotion la métaphore transfère-t-elle du comparant vers le comparé ?

Formulation type : « La métaphore de « … » assimile X à Y, ce qui confère à X … (une grandeur, une menace, une douceur…). »
L'erreur à éviter : Confondre métaphore et comparaison : dès qu'il y a « comme », « tel », « semblable à », c'est une comparaison.

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