La métaphore
du grec metaphorá, « transport ».
un rapprochement entre deux réalités sans outil de comparaison : on remplace ou on identifie l'une à l'autre, sans « comme ».
La métaphore transporte le sens d'un mot vers un autre par ressemblance. Plus condensée que la comparaison, elle fait surgir une image d'un seul coup — et peut se prolonger sur plusieurs vers : c'est alors une métaphore filée.
Comment la repérer
Cherche un mot employé hors de son sens propre, qui en désigne un autre par ressemblance, sans « comme » ni « tel ».
Deux exemples analysés
Et cette faucille d'or dans le champ des étoiles
La lune devient une « faucille d'or » et le ciel un « champ » : la métaphore agraire transforme la voûte céleste en scène de moisson. Elle relie le cosmos au monde paysan de Booz et charge l'image d'une promesse de fécondité.
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles
En identifiant la Nature à un « temple », la métaphore la rend sacrée : les arbres deviennent des « piliers » vivants. Tout le poème repose sur cette image, qui fait du monde un lieu de culte où l'homme déchiffre des signes.
À quoi ça sert, dans ta copie
Demande-toi toujours ce que l'image ajoute : quel prestige, quelle valeur, quelle émotion la métaphore transfère-t-elle du comparant vers le comparé ?