Le Mariage de Figaro
Beaumarchais
De quoi ça parle
Figaro doit épouser Suzanne, mais le comte Almaviva, qui a jadis aboli le droit du seigneur sur ses terres, aimerait bien le reprendre pour une nuit. En une journée et cinq actes, tout le château se ligue contre le maître : déguisements, lettres, quiproquos, et un procès que Figaro gagne par accident.
« Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre ? »
C'est presque toujours la première question. Une réponse vague (« j'ai bien aimé ») coûte cher, parce qu'elle laisse penser que le livre n'a pas été lu.
La pièce a été interdite plusieurs années par Louis XVI, qui en avait fait faire une lecture privée. On lui prête ce mot : il faudrait détruire la Bastille pour que cette pièce soit jouée sans danger. Cinq ans plus tard, la Bastille tombait. Peu de comédies ont un tel curriculum.
Le lien avec ton programme
Rattacher sa lecture cursive à une œuvre étudiée en classe est ce qui distingue le plus nettement un bon entretien d'un entretien moyen : cela prouve que tu as lu les deux.
Parcours « les jeux du cœur et de la parole » : chez Beaumarchais, une journée entière de badinage — billets, déguisements, la Comtesse et Suzanne qui échangent leurs habits — finit par se dénouer heureusement. Chez Musset, le même jeu tue Rosette. Comparer les deux, c'est montrer ce qui sépare la comédie du drame : non pas les moyens, mais l'issue.
→ La fiche de On ne badine pas avec l'amour
À retenir par cœur
Les questions probables
Prépare-les à voix haute, pas dans ta tête : l'entretien est un oral, et huit minutes sont longues quand on n'a rien préparé.
Question 1
Pourquoi avoir choisi cette pièce ?
Commence par son histoire : écrite en 1778, lue au roi, interdite, jouée seulement en 1784 devant un public qui s'est battu pour entrer. Une comédie qu'un roi juge dangereuse, cela se raconte en trois phrases et cela installe le sujet.
Question 2
Que dit le monologue de Figaro ?
C'est le passage à connaître. Figaro, seul, s'adresse au comte absent : « Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !… Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Tout tient dans l'opposition entre la naissance et le mérite — et le monologue enchaîne ensuite sur la censure, la prison, la difficulté de vivre de sa plume.
Question 3
La pièce est-elle féministe ?
Ne réponds pas trop vite. Les femmes y mènent l'intrigue — c'est la Comtesse et Suzanne qui inventent le piège final, pas Figaro. Et Marceline prononce à l'acte III un plaidoyer sur le sort réservé aux femmes qu'on retire souvent à la représentation. Cite-le comme un fait de mise en scène : ce qu'on coupe en dit long.
Question 4
Qu'est-ce qui fait rire dans Le Mariage de Figaro ?
Distingue trois sources : le comique de situation (les cachettes, Chérubin dans le fauteuil puis derrière le paravent), le comique de mots (la rapidité des répliques, les jeux sur « godding »), et le comique de caractère (un maître constamment ridicule devant ses domestiques). C'est ce dernier qui est politique.
Question 5
Le théâtre peut-il changer la société ?
Appuie-toi sur ce cas précis plutôt que sur une opinion. La pièce n'a pas fait la Révolution ; mais elle a fait rire une aristocratie de ses propres privilèges, dans une salle qu'elle remplissait. Tu peux conclure que le théâtre ne change pas les lois, il déplace ce qu'il est permis de dire tout haut.