Tartuffe
Molière
De quoi ça parle
Orgon a recueilli chez lui Tartuffe, un dévot qu'il croit saint et à qui il finit par tout donner : sa maison, sa fille, sa fortune. Toute la famille voit l'imposture, sauf lui. Il faudra qu'Elmire lui fasse entendre Tartuffe la courtiser, caché sous une table, pour qu'il ouvre les yeux — trop tard.
« Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre ? »
C'est presque toujours la première question. Une réponse vague (« j'ai bien aimé ») coûte cher, parce qu'elle laisse penser que le livre n'a pas été lu.
La pièce a été interdite cinq ans. Molière a dû la réécrire trois fois et plaider auprès du roi. Choisir Tartuffe, c'est pouvoir parler d'une comédie qui a réellement fait scandale, et dire pourquoi : elle ne s'attaque pas à la religion mais à ceux qui s'en servent.
Le lien avec ton programme
Rattacher sa lecture cursive à une œuvre étudiée en classe est ce qui distingue le plus nettement un bon entretien d'un entretien moyen : cela prouve que tu as lu les deux.
Parcours « mensonge et comédie » : Dorante ment pour séduire et l'on rit de sa virtuosité ; Tartuffe ment pour prendre, et le rire s'arrête. Comparer les deux permet de montrer que la comédie peut faire du mensonge un art ou un crime, selon ce qui est en jeu.
À retenir par cœur
Les questions probables
Prépare-les à voix haute, pas dans ta tête : l'entretien est un oral, et huit minutes sont longues quand on n'a rien préparé.
Question 1
Pourquoi avoir choisi Tartuffe ?
L'histoire de la pièce est un argument en soi : interdite en 1664, jouée seulement en 1669 après deux réécritures et l'intervention du roi. Une comédie qu'il a fallu cinq ans pour pouvoir jouer, cela se raconte en trente secondes et cela pose le sujet.
Question 2
Qui est le personnage principal ?
Réponds Orgon, et justifie : Tartuffe n'entre qu'au troisième acte, et la pièce ne cesse d'examiner l'aveuglement de celui qui se laisse prendre. La question de la pièce n'est pas « comment ment-on ? » mais « pourquoi croit-on ? ».
Question 3
Cette pièce attaque-t-elle la religion ?
Non — et c'est exactement ce que Molière plaide dans ses placets au roi. Le personnage de Cléante est là pour cela : il oppose au faux dévot une piété raisonnable. Molière distingue la foi et son imitation ; ses adversaires ont refusé la distinction.
Question 4
Le dénouement vous paraît-il satisfaisant ?
Question classique, et une réponse honnête vaut mieux qu'une défense. L'arrivée de l'Exempt envoyé par le roi est un deus ex machina : rien dans l'intrigue ne le prépare. Tu peux ajouter qu'il avait aussi une fonction politique — remercier le protecteur dont la pièce avait besoin.
Question 5
Rit-on encore de cette pièce ?
Appuie-toi sur une scène précise plutôt que sur une généralité : la scène de la table, où Orgon écoute Tartuffe séduire sa femme sans se décider à sortir, fonctionne aujourd'hui comme au XVIIe siècle, parce que le comique y naît de la position des corps autant que des mots.