Lecture cursive · Roman et récit · 1877

L'Assommoir

Émile Zola

Pour l'entretien de l'oral (2ᵉ partie, 8 min).Cette fiche ne sert pas à l'explication linéaire : elle sert au moment où l'examinateur te demande de présenter l'œuvre que tu as choisie, puis t'interroge dessus. Revoir la méthode de l'oral →

De quoi ça parle

Gervaise Macquart, blanchisseuse, arrive à Paris avec deux enfants et un amant qui l'abandonne. Elle épouse Coupeau, ouvrier zingueur, ouvre sa boutique, et connaît quelques années de prospérité. Puis Coupeau tombe d'un toit, et l'alcool entre dans la maison.

« Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre ? »

C'est presque toujours la première question. Une réponse vague (« j'ai bien aimé ») coûte cher, parce qu'elle laisse penser que le livre n'a pas été lu.

C'est le roman qui a rendu Zola célèbre et scandaleux : il donne à un milieu ouvrier sa propre langue, jusque dans le récit, et pas seulement dans les dialogues. Si tu as étudié Pot-Bouille, tu peux dire que tu as voulu voir l'autre bout de l'immeuble.

Le piège : Dire que Zola « dénonce l'alcoolisme ». C'est trop court : le roman montre que l'alcool est un effet, pas une cause — la fatigue, le logement, le chômage viennent avant. Zola l'écrit lui-même dans sa préface.

Le lien avec ton programme

Rattacher sa lecture cursive à une œuvre étudiée en classe est ce qui distingue le plus nettement un bon entretien d'un entretien moyen : cela prouve que tu as lu les deux.

Les deux romans appartiennent au même cycle et se répondent exactement : Pot-Bouille observe la bourgeoisie par sa cour de service, L'Assommoir observe le monde ouvrier de l'intérieur. Même immeuble comme personnage, même méthode, deux étages sociaux.

→ La fiche de Pot-Bouille

À retenir par cœur

Septième roman des Rougon-Macquart (1877)Gervaise, Coupeau, Lantier, Goujet ; la fille de Gervaise deviendra NanaL'alambic du père Colombe, machine-monstreLe discours indirect libre appliqué à la langue populaire

Les questions probables

Prépare-les à voix haute, pas dans ta tête : l'entretien est un oral, et huit minutes sont longues quand on n'a rien préparé.

Question 1

Pourquoi avoir choisi L'Assommoir ?

Un fait de langue : c'est le premier roman où l'argot ouvrier passe dans la narration elle-même, et non dans les seuls dialogues. Le scandale de 1877 vient de là autant que du sujet. Zola s'en explique dans sa préface — pouvoir la citer de mémoire fait excellent effet.

Question 2

Le roman condamne-t-il Gervaise ?

Non, et c'est ce qu'il faut démontrer. Le récit épouse son point de vue, on la voit travailler, espérer, tenir sa boutique. Sa chute est présentée comme le produit d'un enchaînement — l'accident de Coupeau, la dette, l'épuisement. Le naturalisme observe, il ne fait pas la morale.

Question 3

Qu'est-ce que le naturalisme ?

Définis-le en une phrase — appliquer au roman la méthode des sciences : observer un milieu, une hérédité, et regarder ce qui se produit. Puis donne un exemple précis du livre : la scène de la fête, ou l'alambic décrit comme un animal.

Question 4

Ce roman est-il misérabiliste ?

Retourne la question. Le roman contient des pages de bonheur — la boutique, le repas d'anniversaire, l'amitié de Goujet — et c'est ce qui rend la chute lisible. Un roman misérabiliste ne montrerait que le malheur ; celui-ci montre d'abord ce qu'il y avait à perdre.

Question 5

Que reste-t-il de ce roman aujourd'hui ?

Sois précis plutôt que général : la mécanique du déclassement — un accident, un arrêt de travail, une dette qui grossit — est décrite avec une exactitude qui n'a pas vieilli. Tu peux mentionner que Zola documentait ses romans par des enquêtes de terrain.

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