Explication linéaire · Bernard de Fontenelle

L'ouverture du Premier Soir — « Qu'appelez-vous tous ces mondes ? »

Entretiens sur la pluralité des mondes — parcours « Le goût de la science »

Nous allâmes donc un soir après souper nous promener dans le parc. Il faisait un frais délicieux, qui nous récompensait d'une journée fort chaude que nous avions essuyée. La lune était levée il y avait peut-être une heure, et ses rayons, qui ne venaient à nous qu'entre les branches des arbres, faisaient un agréable mélange d'un blanc fort vif avec tout ce vert qui paraissait noir. Il n'y avait pas un nuage qui dérobât ou qui obscurcît la moindre étoile ; elles étaient toutes d'un or pur et éclatant, et qui était encore relevé par le fond bleu où elles sont attachées. Ce spectacle me fit rêver ; et peut-être sans la Marquise eussé-je rêvé assez longtemps ; mais la présence d'une si aimable Dame ne me permit pas de m'abandonner à la Lune et aux étoiles.

Ne trouvez-vous pas, lui dis-je, que le jour même n'est pas si beau qu'une belle nuit ? — Oui, me répondit-elle, la beauté du jour est comme une beauté blonde qui a plus de brillant ; mais la beauté de la nuit est une beauté brune qui est plus touchante. — Vous êtes bien généreuse, repris-je, de donner cet avantage aux brunes, vous qui ne l'êtes pas. Il est pourtant vrai que le jour est ce qu'il y a de plus beau dans la nature, et que les héroïnes de Roman, qui sont ce qu'il y a de plus beau dans l'imagination, sont presque toujours blondes. — Ce n'est rien que la beauté, répliqua-t-elle, si elle ne touche. […] Pourquoi les amants, qui sont bons juges de ce qui touche, ne s'adressent-ils jamais qu'à la nuit dans toutes les chansons et dans toutes les élégies que je connais ?

[…] Peut-être aussi que le spectacle du jour est trop uniforme, ce n'est qu'un soleil et une voûte bleue ; mais il se peut que la vue de toutes ces étoiles semées confusément, et disposées au hasard en mille figures différentes, favorise la rêverie, et un certain désordre de pensées où l'on ne tombe point sans plaisir. — J'ai toujours senti ce que vous me dites, reprit-elle, j'aime les étoiles, et je me plaindrais volontiers du soleil qui nous les efface. — Ah ! m'écriai-je, je ne puis lui pardonner de me faire perdre de vue tous ces mondes.

— Qu'appelez-vous tous ces mondes ? me dit-elle, en me regardant, et en se tournant vers moi. — Je vous demande pardon, répondis-je. Vous m'avez mis sur ma folie, et aussitôt mon imagination s'est échappée. — Quelle est donc cette folie ? reprit-elle. — Hélas ! répliquai-je, je suis bien fâché qu'il faille vous l'avouer, je me suis mis dans la tête que chaque étoile pourrait bien être un monde. Je ne jurerais pourtant pas que cela fût vrai, mais je le tiens pour vrai, parce qu'il me fait plaisir à croire. C'est une idée qui me plaît, et qui s'est placée dans mon esprit d'une manière riante. Selon moi, il n'y a pas jusqu'aux vérités auxquelles l'agrément ne soit nécessaire.

— Hé bien, reprit-elle, puisque votre folie est si agréable, donnez-la moi, je croirai sur les étoiles tout ce que vous voudrez, pourvu que j'y trouve du plaisir. — Ah ! Madame, répondis-je bien vite, ce n'est pas un plaisir comme celui que vous auriez à une comédie de Molière ; c'en est un qui est je ne sais où dans la raison, et qui ne fait rire que l'esprit. — Quoi donc, reprit-elle, croyez-vous qu'on soit incapable des plaisirs qui ne sont que dans la raison ? Je veux tout à l'heure vous faire voir le contraire : apprenez-moi vos étoiles. — Non, répliquai-je, il ne me sera point reproché que dans un bois, à dix heures du soir, j'aie parlé de philosophie à la plus aimable personne que je connaisse. Cherchez ailleurs vos philosophes.

J'eus beau me défendre encore quelque temps sur ce ton-là, il fallut céder. Je lui fis du moins promettre pour mon honneur qu'elle me garderait le secret ; et quand je fus hors d'état de m'en pouvoir dédire, et que je voulus parler, je vis que je ne savais pas où commencer mon discours.

Introduction

C'est la première page du livre, et elle ne contient pas une seule notion d'astronomie. Un homme et une marquise se promènent dans un parc après le souper ; ils parlent de la nuit, des blondes et des brunes, des chansons d'amour. Il faudra six pages avant qu'il soit question de la Terre qui tourne. Ce retard n'est pas une maladresse : Fontenelle doit résoudre un problème que personne n'avait affronté avant lui — comment amener quelqu'un qui n'a aucune raison de s'intéresser à la science à réclamer qu'on lui en parle. Problématique : comment cette scène d'exposition fait-elle du savoir un objet de désir, et à quel prix ?

Les mouvements du texte

1

Un tableau nocturne, et une leçon déguisée

« Nous allâmes donc un soir après souper… » → « m'abandonner à la Lune et aux étoiles »

Le livre s'ouvre sur un « donc » : « Nous allâmes donc un soir après souper nous promener dans le parc. » La conjonction suppose un avant, une conversation déjà engagée. Le lecteur est jeté au milieu d'une soirée, sans préambule — procédé de récit, non de traité.

Suit un tableau, et il est composé comme un tableau : la fraîcheur après une journée chaude, la lune levée depuis une heure, ses rayons qui « ne venaient à nous qu'entre les branches des arbres ». Fontenelle prend le temps de la sensation avant celui de l'idée.

Et c'est dans ce décor qu'il glisse, sans le signaler, la thèse de tout le livre : les rayons faisaient « un agréable mélange d'un blanc fort vif avec tout ce vert qui paraissait noir ».

Il faut s'arrêter sur ce verbe. Le feuillage est vert et se montre noir : dès la première phrase descriptive, l'apparence est distinguée de la réalité. C'est exactement ce que les Entretiens vont démontrer à propos du ciel — et Fontenelle l'installe ici sous la forme d'une simple notation de promeneur. Le lecteur a déjà accepté le principe avant qu'on le lui expose.

La phrase suivante emploie de la même façon le langage commun : les étoiles brillaient sur « le fond bleu où elles sont attachées ». Cette voûte solide à laquelle les astres seraient fixés est précisément la conception que le livre va détruire. Fontenelle parle d'abord la langue de son lecteur.

Vient alors le mot qui gouverne l'œuvre : « Ce spectacle me fit rêver. » Le ciel est un spectacle — et l'on sait que quelques pages plus loin, la nature sera comparée à une machinerie d'opéra. Le vocabulaire du théâtre est là dès le début.

Le mouvement se referme sur un aveu galant : « peut-être sans la Marquise eussé-je rêvé assez longtemps ; mais la présence d'une si aimable Dame ne me permit pas de m'abandonner à la Lune et aux étoiles. » La rêverie solitaire est interrompue par la politesse — et cette interruption est le point de départ du livre. La science, chez Fontenelle, ne commence pas dans le cabinet : elle commence parce qu'il y a quelqu'un à qui parler.

2

Le badinage : blondes, brunes, et chansons d'amour

« Ne trouvez-vous pas… » → « un certain désordre de pensées où l'on ne tombe point sans plaisir »

La conversation s'engage sur une question de goût — « le jour même n'est pas si beau qu'une belle nuit ? » — et la réponse de la marquise est une petite merveille de transposition mondaine : « la beauté du jour est comme une beauté blonde qui a plus de brillant ; mais la beauté de la nuit est une beauté brune qui est plus touchante ».

Elle pense le ciel en termes de teint, c'est-à-dire dans les catégories de son salon. Et Fontenelle ne la corrige pas : il la suit. C'est la règle qu'il s'est donnée — n'expliquer un monde qu'avec les mots de celui à qui on l'explique.

Le savant répond par un compliment — « Vous êtes bien généreuse de donner cet avantage aux brunes, vous qui ne l'êtes pas » — puis par un argument tiré des romans, où les héroïnes sont « presque toujours blondes ». Nous sommes, en apparence, très loin de l'astronomie.

Mais la marquise n'est pas une potiche, et il faut le montrer : elle énonce un principe esthétique en huit mots — « Ce n'est rien que la beauté, si elle ne touche. » Puis elle relance par une question de méthode : « Pourquoi les amants, qui sont bons juges de ce qui touche, ne s'adressent-ils jamais qu'à la nuit dans toutes les chansons et dans toutes les élégies ? »

Sa question est construite comme un raisonnement : elle prend un fait vérifiable — toute la poésie amoureuse s'adresse à la nuit —, désigne une compétence — les amants « sont bons juges de ce qui touche » — et demande la cause. C'est elle qui exige une explication, et cette structure va se répéter tout au long du livre.

La réponse du savant quitte la galanterie pour la psychologie, et propose une belle observation : la nuit favorise la rêverie parce que « on se flatte d'être alors dans toute la nature la seule personne occupée à rêver ». Le plaisir de la nuit serait donc un plaisir d'exclusivité.

Puis vient la phrase qui prépare tout le reste : le jour est « trop uniforme, ce n'est qu'un soleil et une voûte bleue », tandis que les étoiles « semées confusément, et disposées au hasard en mille figures différentes » favorisent « un certain désordre de pensées où l'on ne tombe point sans plaisir ».

Deux choses s'y jouent. D'abord une litote — « où l'on ne tombe point sans plaisir » signifie : avec un vif plaisir. Ensuite, et surtout, l'idée que le désordre est agréable, donc que la pensée libre est un plaisir. C'est la porte par laquelle la science va entrer.

3

« Ma folie » : comment se faire réclamer un savoir

« j'aime les étoiles » → « je ne savais pas où commencer mon discours »

La marquise se met alors elle-même sur le chemin : « j'aime les étoiles, et je me plaindrais volontiers du soleil qui nous les efface. » Le savant saisit l'occasion par une exclamation calculée : « je ne puis lui pardonner de me faire perdre de vue tous ces mondes ».

Le mot est lâché comme par inadvertance — et il produit exactement l'effet voulu. La réplique de la marquise vient avec son geste, noté par le narrateur : « Qu'appelez-vous tous ces mondes ? me dit-elle, en me regardant, et en se tournant vers moi. »

Ce détail corporel est capital. Elle se retourne, elle regarde : c'est le mouvement de la curiosité, et il est physique avant d'être intellectuel. Le savant n'a rien enseigné, il n'a pas commencé de leçon : il a laissé tomber un mot, et c'est elle qui demande.

Suit alors la manœuvre la plus habile du livre. Au lieu d'annoncer une thèse, le savant se rétracte : « Je vous demande pardon […] Vous m'avez mis sur ma folie, et aussitôt mon imagination s'est échappée. »

Le mot « folie » fait deux choses à la fois. Il aiguise la curiosité — on veut savoir de quelle folie il s'agit. Et il désarme la censure : une extravagance personnelle n'engage rien, alors qu'une thèse sur la pluralité des mondes habités touchait à la théologie. Rappelons que Galilée avait été condamné cinquante ans plus tôt : cette prudence est une nécessité, non une coquetterie.

Vient alors la phrase la plus vertigineuse du passage : « Je ne jurerais pourtant pas que cela fût vrai, mais je le tiens pour vrai, parce qu'il me fait plaisir à croire. » Et le savant généralise : « il n'y a pas jusqu'aux vérités auxquelles l'agrément ne soit nécessaire. »

Il faut mesurer ce qui est dit là. Le critère invoqué n'est pas la preuve mais le plaisir. C'est l'art poétique du livre entier — et c'est une position parfaitement discutable, qu'une bonne copie discute au lieu de l'admirer : une vérité agréable n'est pas plus vraie pour autant.

La marquise entre alors dans le jeu et le retourne. Comme le savant distingue son plaisir de celui « que vous auriez à une comédie de Molière » — c'en est un « qui est je ne sais où dans la raison, et qui ne fait rire que l'esprit » —, elle se pique : « croyez-vous qu'on soit incapable des plaisirs qui ne sont que dans la raison ? Je veux tout à l'heure vous faire voir le contraire : apprenez-moi vos étoiles. »

Le renversement est complet. L'impératif est dans sa bouche ; c'est l'élève qui ordonne au maître. Et le maître refuse encore, par un dernier trait de galanterie du plus haut comique : « il ne me sera point reproché que dans un bois, à dix heures du soir, j'aie parlé de philosophie à la plus aimable personne que je connaisse. Cherchez ailleurs vos philosophes. »

La reddition tient en une phrase — « J'eus beau me défendre encore quelque temps sur ce ton-là, il fallut céder » — et elle est assortie d'une condition qui en dit long : « je lui fis du moins promettre pour mon honneur qu'elle me garderait le secret ». On peut sourire de la coquetterie ; on peut aussi entendre, sous la plaisanterie, la précaution réelle d'un homme qui va soutenir des thèses risquées.

Reste le dernier mot, et il est d'une modestie qui n'est pas feinte : « je vis que je ne savais pas où commencer mon discours ». Le problème de tout le livre est là — non pas savoir, mais trouver par où entrer.

Conclusion

Cette ouverture est une scène d'exposition, au sens théâtral, et c'est aussi un manifeste. Fontenelle y résout trois difficultés d'un seul mouvement. Il rend le savoir désirable en s'arrangeant pour que ce soit la marquise qui le réclame — un mot lâché, un geste de curiosité, et l'élève commande au maître. Il rend sa thèse inoffensive en la présentant comme une « folie » personnelle et en exigeant le secret, précaution nécessaire cinquante ans après la condamnation de Galilée. Et il rend la science plaisante, en inventant cette idée neuve d'un plaisir « qui ne fait rire que l'esprit ». Le prix de l'opération est énoncé sans détour : « je le tiens pour vrai, parce qu'il me fait plaisir à croire. » C'est là que le livre est le plus fragile, et le plus honnête.

Ouverture : La suite du Premier Soir donnera la grande comparaison de la nature avec une machinerie d'opéra : le vocabulaire du spectacle, présent dès cette première page, y trouve son emploi. On peut rapprocher la scène du dialogue philosophique, genre qui remonte à Platon et que Diderot portera à son sommet dans Le Neveu de Rameau. Et l'on notera que Molière est cité dans le texte : Fontenelle, neveu de Corneille, sait très bien qu'il écrit une scène.

Les questions de grammaire

La question de grammaire est posée juste après l'explication, dans la même première partie de l'épreuve. Elle est notée, et elle se prépare. Voici les trois points du programme appliqués à ce texte.

Les propositions subordonnées

Analysez « Il n'y avait pas un nuage qui dérobât ou qui obscurcît la moindre étoile », en justifiant le mode des verbes subordonnés.

La phrase contient deux propositions subordonnées relatives coordonnées par « ou » : « qui dérobât » et « qui obscurcît ». Le pronom relatif « qui » est sujet dans chacune, et son antécédent est « un nuage ».

Le mode — c'est le cœur de la question : les deux verbes sont au subjonctif imparfait (dérobât, obscurcît). Règle à connaître : la relative se met au subjonctif lorsque son antécédent est nié, ou accompagné d'un superlatif, ou de « seul », « premier », « unique ».

Pourquoi : puisqu'il n'y avait aucun nuage, ce nuage n'existe pas — la relative ne décrit donc pas un fait mais une éventualité écartée. Le subjonctif est le mode du non-réalisé.

Comparez : « il y avait un nuage qui dérobait une étoile » (indicatif : le nuage existe) et « il n'y avait pas un nuage qui dérobât une étoile » (subjonctif : il n'existe pas). C'est la négation de la principale qui commande le mode de la subordonnée.

Le temps : l'imparfait du subjonctif s'impose par concordance, la principale étant à l'imparfait. La forme a presque disparu de l'usage courant — on dirait aujourd'hui « qui dérobe » — et son emploi relève ici du style soutenu du XVIIe siècle.

Effet dans le texte : cette double relative sert une description en creux — Fontenelle dit ce que le ciel n'avait pas, pour mieux faire voir sa pureté. Et le superlatif « la moindre étoile » achève l'effet : rien, pas même le plus petit astre, n'était voilé.

L'interrogation

Analysez « Ne trouvez-vous pas que le jour même n'est pas si beau qu'une belle nuit ? » : type, construction, et effet de la forme négative.

Type : interrogation directe totale — elle appellerait une réponse par oui ou non. Elle est marquée par l'inversion simple du pronom sujet (« trouvez-vous ») et le point d'interrogation.

Elle est de forme négative : la locution « ne … pas » encadre le verbe conjugué « trouvez ». On parle d'interrogation négative, et elle n'attend pas la même réponse qu'une interrogation positive : elle sollicite l'accord de l'interlocuteur (« n'est-ce pas ? »). Le locuteur ne demande pas un avis, il en propose un.

La subordonnée : « que le jour même n'est pas si beau qu'une belle nuit » est une complétive, COD du verbe « trouvez ». Elle contient à son tour une comparative introduite par « que » et corrélée à l'adverbe d'intensité « si » — système « si … que », ici nié, donc marquant une infériorité.

Attention au piège : il y a dans cette phrase deux négations qui ne s'annulent pas, parce qu'elles ne portent pas sur la même proposition — l'une sur « trouvez », l'autre sur « est beau ». Analyser leur portée séparément est ce qu'on attend.

Effet dans le texte : la forme négative est une politesse de salon. En demandant « ne trouvez-vous pas… ? », le savant ne heurte personne et invite la marquise à le suivre. C'est la première réplique du livre, et elle donne le ton de tout le dispositif : on ne démontre rien à quelqu'un qu'on n'a pas d'abord fait acquiescer.

La négation

Analysez « Je ne jurerais pourtant pas que cela fût vrai » et « un certain désordre de pensées où l'on ne tombe point sans plaisir ».

1. « Je ne jurerais pourtant pas que cela fût vrai »

Négation totale, marquée par « ne … pas » encadrant le verbe conjugué au conditionnel présent — mode de l'atténuation polie (« je ne jurerais pas » est plus prudent que « je ne jure pas »).

Le point à relever est le mode de la complétive : « que cela fût vrai » est au subjonctif imparfait. Les verbes de déclaration et d'opinion commandent l'indicatif à la forme affirmative, mais le subjonctif sous la négation — le contenu cesse d'être posé comme réel pour devenir simplement envisagé.

2. « où l'on ne tombe point sans plaisir »

Ici, deux marques négatives se rencontrent : « ne … point » et la préposition privative « sans ». Or elles ne s'additionnent pas — elles se neutralisent. « On n'y tombe pas sans plaisir » équivaut à « on y tombe avec plaisir ».

La figure : c'est une litote — dire moins pour faire entendre plus. Et le procédé est ici doublé de l'adjectif indéfini « un certain », qui feint l'imprécision.

Effet dans le texte : ces deux tournures disent la même chose de la manière de Fontenelle. Il n'affirme jamais franchement : il atténue au conditionnel, il nie ce qu'il pense, il passe par la litote. Cette prudence est une politesse mondaine, et c'est aussi une prudence réelle — le livre soutient des thèses que l'Église condamnait, et il avance en s'excusant.

L'entretien (2ᵉ partie, 8 min)ne porte pas sur ce texte mais sur l'œuvre que tu présentes. Les questions probables sur Entretiens sur la pluralité des mondes

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