Explication linéaire · Marivaux

Le portrait d'Euphrosine (scène 3)

L'Île des esclaves scène 3 — Cléanthis et Euphrosine

Courage, Madame ; profitez de cette peinture-là, car elle me paraît fidèle.

Euphrosine

Je ne sais où j’en suis.

Cléantis

Vous en êtes aux deux tiers ; et j’achèverai, pourvu que cela ne vous ennuie pas.

Trivelin

Achevez, achevez ; Madame soutiendra bien le reste.

Cléantis

Vous souvenez-vous d’un soir où vous étiez avec ce cavalier si bien fait ? j’étais dans la chambre ; vous vous entreteniez bas ; mais j’ai l’oreille fine : vous vouliez lui plaire sans faire semblant de rien ; vous parliez d’une femme qu’il voyait souvent. Cette femme-là est aimable, disiez-vous ; elle a les yeux petits, mais très doux ; et là-dessus vous ouvriez les vôtres, vous vous donniez des tons, des gestes de tête, de petites contorsions, des vivacités. Je riais. Vous réussîtes pourtant, le cavalier s’y prit ; il vous offrit son cœur. À moi ? lui dîtes-vous. Oui, Madame, à vous-même, à tout ce qu’il y a de plus aimable au monde. Continuez, folâtre, continuez, dites-vous, en ôtant vos gants sous prétexte de m’en demander d’autres. Mais vous avez la main belle ; il la vit ; il la prit, il la baisa ; cela anima sa déclaration ; et c’était là les gants que vous demandiez. Eh bien ! y suis-je ?

Introduction

Après le renversement des rôles entre Iphicrate et Arlequin à la scène 1, Marivaux reprend son dispositif pour le couple féminin. Trivelin, gouverneur de l'île, a institué un rite : l'ancienne servante doit dresser le portrait de son ancienne maîtresse, en sa présence, et celle-ci doit l'écouter. Cléanthis s'exécute avec un appétit qui ne se dissimule pas, et Euphrosine subit. Nous prenons la scène au moment où le portrait touche à sa fin — Cléanthis garde pour la dernière la meilleure de ses anecdotes. Problématique : que découvre-t-on d'une femme du monde lorsque c'est sa servante qui la décrit ?

Les mouvements du texte

1

Un supplice poli

de « Courage, Madame » à « Madame soutiendra bien le reste »

Les quatre répliques d'ouverture installent la situation en quelques mots, et leur politesse est ce qu'elles ont de plus cruel.

Trivelin encourage sa victime : « Courage, Madame ; profitez de cette peinture-là, car elle me paraît fidèle. »

Trois mots portent la réplique. « Courage » est un mot d'assistance qu'on adresse à un malade ou à un condamné — il reconnaît la souffrance tout en exigeant qu'elle continue. « Profitez » transforme l'humiliation en leçon utile : c'est la doctrine officielle de l'île, qui prétend corriger plutôt que punir.

Et « peinture » désigne le genre pratiqué. Le portrait moral est un exercice mondain que le siècle précédent a porté à sa perfection, avec les Caractères de La Bruyère. Marivaux le déplace : ici, ce n'est plus un moraliste qui peint, c'est une domestique.

Le critère avancé par Trivelin est enfin le seul qui compte : la peinture est « fidèle ». Non pas juste, non pas charitable — ressemblante. La question n'est pas de savoir si Cléanthis est méchante, mais si elle dit vrai. Et personne, dans la scène, ne le conteste.

La réponse d'Euphrosine tient en six mots : « Je ne sais où j'en suis. »

C'est un effondrement, et il est dit par une litote. La formule signifie littéralement qu'elle a perdu ses repères ; elle avoue en réalité qu'elle ne se reconnaît plus. Une femme dont tout l'art consistait à contrôler son image se trouve, pour la première fois, sans image d'elle-même.

Cléanthis s'empare aussitôt de la formule et la retourne par un jeu de mots : « Vous en êtes aux deux tiers ». Euphrosine parlait de son désarroi ; Cléanthis répond comme si la question portait sur l'avancement du portrait.

Le comique naît du décalage, mais l'effet est plus dur qu'il n'y paraît. En chiffrant l'humiliation — deux tiers, donc un tiers restant — Cléanthis en fait une tâche à accomplir, avec sa mesure et son terme. La souffrance d'Euphrosine devient un pourcentage.

Et la formule qui suit est la plus insolente de la scène : « j'achèverai, pourvu que cela ne vous ennuie pas ».

La subordonnée est une politesse de salon, du registre exact que pratiquait Euphrosine. Cléanthis emprunte la langue de sa maîtresse pour lui infliger ce que cette langue permet : demander la permission de continuer, en sachant qu'on ne peut pas la refuser. C'est de l'ironie, et elle est parfaitement mondaine.

Trivelin scelle le tout d'une réplique qui feint la sollicitude : « Achevez, achevez ; Madame soutiendra bien le reste. » Le verbe « soutenir » appartient au vocabulaire de l'épreuve — on soutient un siège, un assaut. Et le titre « Madame », maintenu tout au long, rappelle à chaque réplique un rang que la scène est en train de démolir.

2

L'oreille fine : la servante comme témoin

de « Vous souvenez-vous d'un soir » à « Je riais »

La tirade s'ouvre sur une question de mémoire : « Vous souvenez-vous d'un soir où vous étiez avec ce cavalier si bien fait ? »

Le procédé est celui du récit à charge. En invitant Euphrosine à se rappeler, Cléanthis l'oblige à revivre la scène de l'intérieur au moment où elle va l'entendre décrite du dehors. Et l'imprécision — « un soir » — suggère qu'il y en eut d'autres.

Vient alors la phrase qui donne à toute la scène son fondement social : « j'étais dans la chambre ; vous vous entreteniez bas ; mais j'ai l'oreille fine ».

Il faut mesurer ce qu'elle dit. Euphrosine et son cavalier parlaient à voix basse, donc se croyaient seuls — alors qu'une troisième personne se trouvait dans la pièce. Cléanthis était présente et invisible.

C'est la condition même de la domesticité, et Marivaux la met au jour sans un mot de commentaire : on ne baisse pas la voix devant une servante, parce qu'une servante ne compte pas. Or c'est exactement ce qui lui donne le pouvoir qu'elle exerce aujourd'hui. Celle qu'on ne voyait pas a tout vu.

Le renversement de l'île prend ici sa forme la plus efficace. Il ne s'agit pas d'une revanche par la force ; il s'agit d'un savoir accumulé pendant des années d'invisibilité, et brusquement rendu public. La servante n'a besoin d'aucune arme : elle a de la mémoire.

Suit la description de la manœuvre, énoncée avec une lucidité de tacticienne : « vous vouliez lui plaire sans faire semblant de rien ».

La formule définit la coquetterie en cinq mots. Elle suppose un objectif — plaire — et une dissimulation de l'objectif. Toute la scène va consister à montrer le mécanisme sous le naturel.

Cléanthis rapporte alors les paroles de sa maîtresse au style direct : « Cette femme-là est aimable, disiez-vous ; elle a les yeux petits, mais très doux. »

La phrase est un chef-d'œuvre de perfidie mondaine, et il faut voir comment elle fonctionne. Euphrosine loue une rivale — « aimable », « très doux » — et glisse au milieu le défaut qui la disqualifie : « elle a les yeux petits ». La conjonction « mais » fait passer le compliment après la restriction, de sorte que l'éloge sert de véhicule à l'attaque.

C'est ce que le siècle appelle une médisance de bonne compagnie : on ne dit jamais de mal, on concède une qualité, et le défaut s'installe tout seul dans l'esprit de l'interlocuteur.

Le geste qui suit rend la manœuvre visible : « et là-dessus vous ouvriez les vôtres ». Euphrosine, ayant signalé que sa rivale a les yeux petits, écarquille les siens. La démonstration est physique, muette et imparable.

Suit une accumulation de quatre termes qui inventorie le corps en action : « vous vous donniez des tons, des gestes de tête, de petites contorsions, des vivacités ».

Tous sont au pluriel, ce qui les transforme en répertoire — non pas des mouvements spontanés mais un catalogue de procédés, disponibles et réutilisables. Et « contorsions » est le mot le plus dur : il retire toute grâce au geste et le rapproche de la grimace.

Deux mots closent le mouvement : « Je riais. » Une proposition minimale, à l'imparfait, sans complément. Cléanthis, invisible, riait — et personne ne s'en apercevait. C'est la revanche la plus complète qui soit, puisqu'elle a été prise avant même d'être avouée.

3

Les gants : la démonstration

de « Vous réussîtes pourtant » à « y suis-je ? »

Le récit change de temps : « Vous réussîtes pourtant, le cavalier s'y prit ; il vous offrit son cœur. »

Après l'imparfait des habitudes, trois passés simples enchaînent les faits. Le rythme s'accélère, et l'adverbe « pourtant » — placé juste après « réussîtes » — concède le succès tout en rappelant le ridicule des moyens. Cléanthis reconnaît l'efficacité de sa maîtresse, ce qui la rend d'autant plus accablante.

L'expression « le cavalier s'y prit » mérite qu'on s'y arrête : elle appartient au vocabulaire de la pêche ou du piège. L'homme n'est pas séduit, il mord. La métaphore ravale la scène galante au rang d'une prise.

Cléanthis rejoue alors le dialogue à deux voix, et c'est le sommet de la scène. « À moi ? lui dîtes-vous. — Oui, Madame, à vous-même, à tout ce qu'il y a de plus aimable au monde. »

Il faut voir ce que la comédienne fait ici. Elle interprète les deux rôles : la fausse surprise d'Euphrosine — « À moi ? », deux syllabes de modestie feinte — puis l'emphase galante du cavalier, avec son superlatif de convention. Cléanthis n'est plus une accusatrice, elle est une actrice, et son ancienne maîtresse doit assister à sa propre imitation.

Le procédé est proprement théâtral, et Marivaux en tire un effet redoutable : rien n'humilie autant que d'être joué.

Vient enfin l'anecdote qui donne son nom au passage : « Continuez, folâtre, continuez, dites-vous, en ôtant vos gants sous prétexte de m'en demander d'autres. »

Le mot « prétexte » est le pivot de toute la démonstration. Il désigne exactement la distance entre ce qu'on fait et ce qu'on prétend faire — c'est-à-dire la définition de la coquetterie que Cléanthis s'était donnée pour tâche d'établir.

Et l'on remarquera que le prétexte passe par la servante : c'est à Cléanthis qu'Euphrosine demande d'autres gants. Elle était donc l'instrument de la manœuvre en même temps qu'elle en était le témoin. Voilà pourquoi elle peut la raconter si bien.

La suite est une gradation en trois verbes, coupée de points-virgules : « il la vit ; il la prit, il la baisa ». Trois monosyllabes au passé simple, un enchaînement mécanique, comme un engrenage qui se referme. Le mécanisme fonctionne exactement comme il était prévu.

Cléanthis conclut alors d'une phrase qui a la sécheresse d'une démonstration mathématique : « et c'était là les gants que vous demandiez ».

La formule est parfaite parce qu'elle établit une équivalence. Ce qu'Euphrosine demandait, sous le nom de gants, c'était ce baiser. L'objet innocent et l'intention réelle sont posés comme identiques, et le lecteur voit d'un coup toute la manœuvre.

Reste la dernière réplique, qui ramène brutalement au présent : « Eh bien ! y suis-je ? »

La question est adressée à Trivelin, et elle a l'aplomb d'une élève sûre de sa copie. Elle signifie : ai-je visé juste ? Et elle rappelle qu'on est dans un procès — que ce récit était une pièce à conviction, et qu'un juge attend.

Sa brièveté, après une tirade de vingt lignes, produit le dernier effet de la scène. Cléanthis a fini ; elle n'attend ni excuse ni réponse d'Euphrosine, qu'elle ne regarde même plus. La maîtresse a cessé d'être une interlocutrice pour devenir un sujet d'étude.

Conclusion

La scène applique aux femmes le dispositif que la scène 1 avait mis en place pour les hommes, mais elle en change les armes. Arlequin renversait son maître par un raisonnement ; Cléanthis démolit le sien par un récit. Et ce récit tire toute sa force d'une donnée sociale que Marivaux énonce sans y insister : « j'étais dans la chambre ». La servante était présente et ne comptait pas — c'est cette invisibilité même qui a fait d'elle le témoin le mieux placé. Le renversement de l'île ne lui apporte donc aucun savoir nouveau : il lui donne seulement le droit de parler. Reste que la satire vise ici moins une classe qu'un usage : ce que la scène démonte, c'est la coquetterie comme technique — un répertoire de gestes, un art du prétexte, une manière de vouloir sans avoir l'air de vouloir. Marivaux ne reproche pas à Euphrosine d'avoir désiré ; il lui reproche d'avoir fait semblant de ne pas désirer.

Ouverture : Le portrait moral vient des Caractères de La Bruyère, que Marivaux déplace en le confiant à une domestique : le moraliste cède la plume à celle qu'il observait. On rapprochera la scène du jeu des masques dans Le Jeu de l'amour et du hasard, où maîtres et valets échangent encore leurs habits — mais pour se choisir, non pour se juger. Et l'on comparera le sort de Cléanthis à celui du Figaro de Beaumarchais : soixante ans plus tard, un valet dira les mêmes vérités à son maître, mais sans île pour l'y autoriser et sans pardon à la fin.

Les questions de grammaire

La question de grammaire est posée juste après l'explication, dans la même première partie de l'épreuve. Elle est notée, et elle se prépare. Voici les trois points du programme appliqués à ce texte.

L'interrogation

Relevez les interrogations de l'extrait et montrez que chacune remplit une fonction différente.

Trois interrogations, de trois types.

1. « Vous souvenez-vous d'un soir où vous étiez avec ce cavalier si bien fait ? »
Type : interrogation totale — elle appellerait « oui » ou « non ».
Forme : inversion simple du sujet, avec le pronom réfléchi maintenu devant le verbe (« vous souvenez-vous »). Registre soutenu.
Fonction : c'est une fausse question. Cléanthis n'attend pas de réponse : elle oblige sa maîtresse à se rappeler la scène au moment où elle va la raconter.

2. « À moi ? »
Type : interrogation elliptique, réduite à un groupe prépositionnel, sans verbe ni sujet. Elle est formée par la seule intonation.
Particularité : c'est une interrogation rapportée au style direct, à l'intérieur du récit. Elle appartient à Euphrosine, mais c'est Cléanthis qui la prononce.
Fonction : feindre la surprise. La brièveté même en trahit l'artifice — deux syllabes de modestie.

3. « Eh bien ! y suis-je ? »
Type : interrogation totale, par inversion. Le pronom adverbial « y » reste devant le verbe.
Sens : « ai-je visé juste ? », « suis-je dans le vrai ? ».
Fonction : celle-ci attend une vraie réponse — mais elle est adressée à Trivelin, pas à Euphrosine.

Effet dans le texte : la progression est parlante. La première question feint de s'adresser à Euphrosine ; la deuxième la fait parler malgré elle, par imitation ; la troisième ne la concerne plus du tout.

Autrement dit, Euphrosine est interrogée, jouée, puis oubliée. La syntaxe des questions raconte à elle seule sa disparition comme interlocutrice : à la fin de la tirade, elle n'est plus qu'une pièce du dossier.

Les propositions subordonnées

« Vous en êtes aux deux tiers ; et j'achèverai, pourvu que cela ne vous ennuie pas. » Analysez la subordonnée, en justifiant le mode.

Nature : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de condition, introduite par la locution conjonctive « pourvu que ».

Mode : le subjonctif (« ennuie »). Il est imposé par la locution : « pourvu que », comme « à condition que », « à moins que », « pour peu que », entraîne toujours le subjonctif.

Pourquoi ce mode : la condition est présentée comme envisagée, non comme réalisée. Le subjonctif est le mode du fait pensé, par opposition à l'indicatif, mode du fait constaté. Comparer avec « si cela ne vous ennuie pas », où « si » exige l'indicatif — la nuance porte sur la certitude, pas sur le sens.

Nuance de la locution : « pourvu que » n'exprime pas une condition neutre mais une restriction — elle pose la seule réserve qui pourrait empêcher l'action. Elle signifie « à cette seule condition que ».

La négation à l'intérieur : « ne… pas » encadre le verbe conjugué. Attention : ce n'est pas un « ne » explétif — la phrase signifie bien « à condition que cela ne vous ennuie pas ». Le test le confirme : le supprimer inverserait le sens.

À relever également dans la tirade : « d'un soir où vous étiez » et « une femme qu'il voyait souvent » sont des relatives ; « sans faire semblant de rien » est un groupe infinitif, non une subordonnée.

Effet dans le texte : « pourvu que » est une formule de politesse mondaine — exactement le registre qu'Euphrosine pratique. Cléanthis emprunte donc la langue de sa maîtresse pour lui infliger ce que cette langue autorise : demander une permission qu'il est impossible de refuser.

Le comique est là, et il est féroce. La subordonnée offre un choix qui n'en est pas un, et l'exquise courtoisie de la forme rend l'humiliation plus complète que ne le ferait une insulte.

La négation

« Vous vouliez lui plaire sans faire semblant de rien. » Analysez la négation, puis expliquez pourquoi cette phrase résume tout le portrait.

Deux marques négatives, de natures distinctes.

1. « sans »préposition à valeur négative, qui introduit ici un groupe infinitif (« sans faire semblant »). Elle équivaut à « en ne faisant pas ». On n'emploie jamais « ne » avec elle.

2. « rien »pronom indéfini à valeur négative, complément de « semblant ». Il apparaît ici sans « ne », ce qui est régulier après « sans » : la préposition porte déjà la négation.

Point de langue : la locution « ne faire semblant de rien » est figée. Elle signifie « feindre l'indifférence », « faire comme si de rien n'était ». Sa construction ancienne est trompeuse : « rien » y garde une trace de son sens étymologique positif (du latin rem, « chose »).

Ce que la phrase résume : elle contient les deux temps de la coquetterie, articulés par « sans ».

Un but d'abord, affirmé : « vous vouliez lui plaire ». Le verbe « vouloir » est décisif — il y a une intention, donc un calcul.

Une dissimulation ensuite, négative : ne rien laisser paraître de ce vouloir.

Effet dans le texte : tout le reste de la tirade ne fait que documenter cette formule. Les yeux qu'on ouvre, les gestes de tête, les contorsions, les gants ôtés « sous prétexte » — chaque détail est un exemple de la même structure : une volonté agissante et masquée.

Et c'est précisément ce que le témoignage de Cléanthis détruit. En racontant, elle ne révèle pas un désir — désirer n'a rien de honteux — elle révèle le faire-semblant. Autrement dit, la négation de la phrase est exactement ce que la scène supprime.

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