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Théâtre · XVIIe siècle

Le Menteur

Pierre Corneille — parcours « Mensonge et comédie »

Une comédie (1644) : Dorante, jeune homme brillant et menteur invétéré, invente sans cesse pour séduire — et finit prisonnier de ses propres mensonges.

Publication1644
SiècleXVIIe siècle
Objet d'étudeThéâtre
ParcoursMensonge et comédie

En un coup d'œil

Les repères Pierre Corneille 1644 — XVIIe siècle Théâtre Parcours : Mensonge et comédie « Le talent de mentir ainsi est un vice dont les sots ne sont point… » Corneille, Discours du poème dramatique Les thèmes Le mensonge comme création Dorante ne trompe pas pour gagner : il invente parce qu'il aime inventer. À utiliser pour le… La parole qui fait exister Un festin décrit est un festin vu. À utiliser pour montrer que le théâtre repose sur le même… Le quiproquo, machine comique Un nom mal attribué produit cinq actes. À utiliser pour analyser la construction : Corneille… Paris, théâtre du paraître La ville récompense qui se montre. À utiliser pour une lecture sociale : Dorante ne ment pas… Une morale absente Le menteur gagne. À utiliser pour une troisième partie : la comédie classique doit « corriger… Les contresens Croire que Dorante est puni Il épouse celle qu'il aimait, et ne se corrige pas : il tombe du bon côté. C'est ce qui… Chercher une morale La comédie classique doit « corriger les mœurs en riant » — celle-ci s'en dispense, et… Confondre le mensonge et le quiproquo Dorante invente volontairement ; l'erreur sur le nom de Lucrèce, elle, lui arrive. Le… Faire de Dorante un intrigant intéressé Il ne ment pour gagner ni argent ni pouvoir : il invente parce qu'il aime inventer… Oublier que la pièce est adaptée d'une comédie espagnole de… Le déroulé Acte I — l'arrivée et le premier mensonge Dorante quitte le droit pour Paris, décidé à plaire. Aux Tuileries, il rencontre Clarice et… L'erreur de nom, moteur de tout Dorante croit que celle qui lui plaît s'appelle Lucrèce alors qu'il courtise Clarice. Cette… Acte II — le mariage inventé Géronte, son père, veut le marier à Clarice. Pour s'en défaire, Dorante invente un mariage… Acte III — le festin sur l'eau Le morceau de bravoure : Dorante décrit une fête somptueuse donnée sur la Seine, qui n'a jamais… Acte IV — le duel et la fausse mort Les mensonges se heurtent : un mort qui n'est pas mort, un père déshonoré, un ami trahi. La… Acte V — le dénouement, sans repentir La confusion des noms se dénoue, Dorante épouse Lucrèce, celle qu'il aimait par erreur. Il ne… Les axes de lecture Le mensonge comme art Dorante ment avec virtuosité : ses fictions s'enchaînent et provoquent quiproquos et… Théâtre et illusion Le menteur ressemble au dramaturge : il fabrique des histoires. La pièce interroge le pouvoir… Une morale ambiguë Le mensonge est puni… mais on admire l'inventivité du menteur : la comédie ne tranche pas si… À retenir Comédie de Corneille (1644) Dorante, menteur virtuose Quiproquos en cascade Le menteur, figure du dramaturge Le Menteur Pierre Corneille · 1644 Carte mentale — Le Menteur Théâtre — parcours « Mensonge et comédie » bac.payetraphael.fr
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Repères

Corneille, célèbre pour ses tragédies (Le Cid), signe ici une comédie enlevée où l'invention verbale devient le moteur de l'intrigue.

Le déroulé

  1. 1Acte I — l'arrivée et le premier mensonge

    Dorante quitte le droit pour Paris, décidé à plaire. Aux Tuileries, il rencontre Clarice et Lucrèce ; pour se grandir, il s'invente un passé de guerre en Allemagne. Le mensonge n'a aucun mobile intéressé : il est un art d'agrément.

  2. 2L'erreur de nom, moteur de tout

    Dorante croit que celle qui lui plaît s'appelle Lucrèce alors qu'il courtise Clarice. Cette méprise, il ne l'a pas inventée : elle lui arrive. Le menteur est aussi la victime d'un quiproquo qu'il ne contrôle pas.

  3. 3Acte II — le mariage inventé

    Géronte, son père, veut le marier à Clarice. Pour s'en défaire, Dorante invente un mariage secret conclu à Poitiers, avec une grossesse à l'appui. Le mensonge devient une machine qui exige d'autres mensonges.

  4. 4Acte III — le festin sur l'eau

    Le morceau de bravoure : Dorante décrit une fête somptueuse donnée sur la Seine, qui n'a jamais eu lieu. La virtuosité est réelle — Corneille fait admirer ce qu'il condamne.

  5. 5Acte IV — le duel et la fausse mort

    Les mensonges se heurtent : un mort qui n'est pas mort, un père déshonoré, un ami trahi. La comédie s'assombrit, et Dorante perd la maîtrise de son propre récit.

  6. 6Acte V — le dénouement, sans repentir

    La confusion des noms se dénoue, Dorante épouse Lucrèce, celle qu'il aimait par erreur. Il ne se corrige pas : il tombe simplement du bon côté. C'est ce qui rend la fin bien plus troublante qu'une morale.

Axes de lecture

Le mensonge comme art

Dorante ment avec virtuosité : ses fictions s'enchaînent et provoquent quiproquos et rebondissements.

Théâtre et illusion

Le menteur ressemble au dramaturge : il fabrique des histoires. La pièce interroge le pouvoir de la fiction.

Une morale ambiguë

Le mensonge est puni… mais on admire l'inventivité du menteur : la comédie ne tranche pas si nettement.

Les thèmes

Un thème qui n'est qu'un mot ne sert à rien. Chacun est posé comme une tension, et suivi de ce qu'il permet de soutenir.

Le mensonge comme création

Dorante ne trompe pas pour gagner : il invente parce qu'il aime inventer. À utiliser pour le parcours « Mensonge et comédie » — le menteur est un double du dramaturge.

La parole qui fait exister

Un festin décrit est un festin vu. À utiliser pour montrer que le théâtre repose sur le même pouvoir que le mensonge : faire croire par la seule parole.

Le quiproquo, machine comique

Un nom mal attribué produit cinq actes. À utiliser pour analyser la construction : Corneille superpose un mensonge volontaire et une erreur involontaire.

Paris, théâtre du paraître

La ville récompense qui se montre. À utiliser pour une lecture sociale : Dorante ne ment pas contre son monde, il en applique la règle.

Une morale absente

Le menteur gagne. À utiliser pour une troisième partie : la comédie classique doit « corriger les mœurs en riant » — celle-ci s'en dispense, et il faut expliquer pourquoi.

Les contresens qui coûtent le plus

Chacun de ces cinq points se repère à la première page d'une copie. Les éviter vaut mieux que dix références de plus.

Croire que Dorante est puni. Il épouse celle qu'il aimait, et ne se corrige pas : il tombe du bon côté. C'est ce qui rend la fin troublante.

Chercher une morale. La comédie classique doit « corriger les mœurs en riant » — celle-ci s'en dispense, et il faut expliquer pourquoi plutôt que le déplorer.

Confondre le mensonge et le quiproquo. Dorante invente volontairement ; l'erreur sur le nom de Lucrèce, elle, lui arrive. Le menteur est aussi victime.

Faire de Dorante un intrigant intéressé. Il ne ment pour gagner ni argent ni pouvoir : il invente parce qu'il aime inventer — d'où sa parenté avec le dramaturge.

Oublier que la pièce est adaptée d'une comédie espagnole de Juan Ruiz de Alarcón : Corneille le dit lui-même.

Le lien avec le parcours

« Mensonge et comédie » : le mensonge fait rire et interroge la vérité au théâtre.

À retenir

Comédie de Corneille (1644)Dorante, menteur virtuoseQuiproquos en cascadeLe menteur, figure du dramaturge

« Le talent de mentir ainsi est un vice dont les sots ne sont point capables. »

— Corneille, Discours du poème dramatique

Explications linéaires (oral)

Les questions d'entretien 5 questions

La seconde partie de l'oral dure 8 minutes et porte sur l'œuvre que tu as choisie — pas sur le texte que tu viens d'expliquer. Voici ce qu'un examinateur peut demander sur Le Menteur.

Pourquoi avoir choisi Le Menteur ?

Le fait qui surprend toujours : c'est une comédie de Corneille, l'auteur du Cid et d'Horace. Créée en 1644, elle est adaptée d'une pièce espagnole de Ruiz de Alarcón, La Verdad sospechosa, que Corneille admirait au point d'écrire qu'il aurait donné deux de ses meilleures pièces pour l'avoir écrite. Dire cela montre que tu connais le contexte, pas seulement l'intrigue.

Le mensonge est-il puni dans la pièce ?

Non, et c'est le cœur du sujet. Dorante ment du début à la fin, se trompe de femme, et s'en tire — la pièce se referme sans repentir véritable. La comédie ne fait pas la morale : elle fait admirer l'habileté tout en la dénonçant. C'est cette ambiguïté qu'il faut assumer, pas gommer.

En quoi le menteur ressemble-t-il à un dramaturge ?

Dorante invente des fictions, distribue des rôles, improvise des décors (le fameux banquet), et tient son public en haleine. Il fait ce que fait l'auteur. Nomme le motif baroque du Theatrum Mundi — le monde comme théâtre — et la double énonciation : le spectateur, complice, sait la vérité et jouit de voir les autres dupés.

Quel est le rôle de Cliton ?

Le valet est le contrepoint indispensable. Il s'étonne, objecte, réclame la vérité — il tient la place du bon sens, donc celle du spectateur. Le couple maître-valet vient de la comédie latine et court jusqu'à Molière et Beaumarchais : sans Cliton, les mensonges de Dorante n'auraient personne pour les mesurer.

Qu'est-ce qui fait rire dans cette pièce ?

Distingue trois sources plutôt que de répondre « c'est drôle ». Le comique de situation (les quiproquos sur l'identité de Clarice et de Lucrèce) ; le comique de caractère (le menteur pris à son propre piège) ; le comique de mots (la virtuosité des récits improvisés, en vers, ce qui redouble l'exploit). Donne un exemple pour au moins deux d'entre elles.
Le dossier complet rédigé par le professeur

L'auteur et la pièce

Le XVIIe siècle est celui du théâtre en France, tiraillé entre baroque et classicisme. Corneille, surtout connu pour Le Cid, signe avec Le Menteur (1644) une comédie plus confidentielle mais brillante. Dorante, jeune homme rusé de retour à Paris, tente de séduire Clarice à force de mensonges — d'où une cascade de quiproquos.

Le mensonge, moteur d'ascension sociale

« On s'introduit bien mieux à titre de vaillant. » Dorante ment d'abord pour s'introduire dans la société : les verbes (« s'introduire », « passer pour », « se mettre en crédit »), au présent de vérité générale, font du mensonge un outil valable en tout temps. Aux yeux de Dorante, la société entière est un théâtre où chacun « passe pour » ce qu'il n'est pas : c'est le motif baroque du Theatrum Mundi, et une mise en abyme du théâtre.

Trois axes de lecture

I. Le mensonge pour faire rire. La crédulité des personnages (Dorante invente un fastueux banquet de douze plats sur un bateau) fait rire le spectateur grâce à la double énonciation ; les quiproquos s'enchaînent (il confond Clarice et Lucrèce) ; les réactions excessives relèvent du comique de caractère.

II. Le mensonge dévoile les rapports entre les personnages. Il nourrit et fait progresser l'action, explore les relations et dénonce la comédie sociale (mariages arrangés, faux-semblants).

III. Le mensonge au service de la création théâtrale. Dorante est un double du dramaturge : le mensonge devient moteur de fiction et permet de « rêver un nouveau monde ». Son pouvoir de séduction est celui du théâtre lui-même, qui repose sur un pacte fictif accepté par le public.

Citations utiles

  • « On s'introduit bien mieux à titre de vaillant. »
  • « On apprend à se faire un visage à la mode. » (Acte I, scène 1)

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