Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir
Cahier de Douai — parcours « Émancipations créatrices »
Introduction
Sonnet écrit lors d'une fugue de Rimbaud (1870). Après des jours de marche, le poète savoure une halte heureuse dans une auberge. Problématique : comment ce sonnet fait-il d'un simple repas d'auberge un moment de bonheur sensuel et de liberté ?
Les mouvements du texte
La halte du vagabond
vers 1 à 8 (les quatrains)« Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines / Aux cailloux des chemins » : la fatigue dit aussi la liberté de l'errance. L'entrée à Charleroi, la commande de « tartines / De beurre » et de jambon, le corps qui se détend (« j'allongeai les jambes sous la table / Verte ») : tout respire le bien-être concret et sans façon.
Le plaisir des sens
vers 9 à 14 (les tercets)La servante, croquée sans détour (« une fille aux tétons énormes, aux yeux vifs »), introduit une sensualité joyeuse. La chute lumineuse couronne la scène : « une chope immense, avec sa mousse / Que dorait un rayon de soleil arriéré ». Le bonheur le plus simple est transfiguré par la lumière.
Conclusion
Loin des sonnets de révolte, « Au Cabaret-Vert » célèbre un bonheur concret : marcher, manger, se reposer. La liberté du vagabond s'y dit dans le pur plaisir du corps.