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De l'esclavage des nègres

Montesquieu — devoir entièrement rédigé, au calibre d'une copie de première.

Texte

Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant 5de terres. Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de les plaindre. 10On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une façon plus marquée. 15On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, était d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains. Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font 20plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. 25De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?

Montesquieu, De l'esprit des lois, livre XV, chapitre V, « De l'esclavage des nègres », 1748.


Commentaire

Introduction. En mars 1685, Louis XIV promulgue l'« Édit du roi touchant la police des îles de l'Amérique française », que l'usage appellera le Code noir : soixante articles qui règlent la vie des esclaves des Antilles. L'article 44 énonce : « Déclarons les esclaves être meubles ». Un meuble, en droit, c'est un bien qu'on peut déplacer — une armoire, une charrue, un cheval. La monarchie française n'argumente pas : elle déclare, et par ce seul verbe elle range des hommes parmi les objets. Soixante-trois ans plus tard paraît un livre qui entreprend de fournir à cette déclaration la justification qu'elle n'avait jamais donnée — et de la fournir si complètement qu'elle en devienne intenable. Montesquieu (1689-1755) a été, de 1716 à 1726, président à mortier au parlement de Bordeaux, c'est-à-dire l'un des neuf présidents de la cour souveraine de justice de Guyenne, ainsi nommés d'après le bonnet de velours qu'ils portaient à l'audience : il a passé dix ans à rédiger et à lire des textes de loi, dans une ville dont le commerce vit des Antilles. De l'esprit des lois, publié anonymement à Genève chez Barrillot & fils en 1748, cherche non pas ce que les lois devraient être, mais pourquoi chaque peuple a les lois qu'il a — climat, mœurs, religion, commerce ; l'ouvrage sera mis à l'Index par Rome le 29 novembre 1751. Le livre XV s'intitule « Comment les lois de l'esclavage civil ont du rapport avec la nature du climat » ; les quatre premiers chapitres réfutent, Montesquieu parlant en son nom, les prétendues « origines du droit de l'esclavage ». Qui : un « je » qui annonce lui-même qu'il n'est pas tout à fait celui qui écrit, et un « nous » européen, chrétien et marchand, qui parle de « ces gens-là ». Où : aucun lieu d'énonciation n'est indiqué — mais quatre continents sont nommés en dix paragraphes, l'Amérique, l'Afrique, l'Asie, l'Europe. Quand : le chapitre est le cinquième du livre, et il précède de deux pages la phrase où Montesquieu écrit en son propre nom : « comme tous les hommes naissent égaux, il faut dire que l'esclavage est contre la nature » (XV, 7). Quoi : un homme annonce qu'il va plaider pour l'esclavage, aligne neuf arguments, et s'arrête. Comment un texte qui n'affirme jamais rien parvient-il à condamner l'esclavage ? Le chapitre imite d'abord la langue du droit jusqu'à s'en donner la forme ; ses arguments, ensuite, se détruisent les uns les autres ; il laisse enfin au lecteur seul la charge de prononcer la sentence.


I — Un plaidoyer calqué sur la langue du droit. Un texte qui emprunte si exactement la langue du droit qu'il se donne pour un texte de loi.

a/ Une énonciation hypothétique, qui détache l'auteur de sa parole. Tout tient dans la première phrase : « Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : » (l. 1-2). C'est un système hypothétique à l'irréel du présent — imparfait dans la subordonnée, « j'avais », conditionnel dans la principale, « je dirais » —, et l'irréel signifie précisément que la condition n'est pas remplie : je n'ai pas à soutenir ce droit, donc je ne dis pas ce qui suit. Le verbe « soutenir » appartient au vocabulaire judiciaire : on soutient une thèse, une cause, devant un tribunal. Le groupe « le droit que nous avons eu » place le verbe au passé composé : la chose est faite, les esclaves ont été pris, et c'est après qu'on cherche le titre juridique qui l'autorisait. Restent les deux-points finaux, qui ouvrent un discours rapporté sans jamais le fermer : aucun guillemet, aucun tiret, aucune incise du type dirait-il ne viendra, dans les vingt-six lignes suivantes, rappeler que ce n'est pas Montesquieu qui parle. Une phrase suffit à installer un second locuteur, et rien ensuite ne le distingue plus du premier. Le texte est signé par un auteur qui s'est retiré de son propre texte.

b/ Une mise en page en articles de code. Le chapitre compte dix paragraphes, dont neuf d'une seule phrase, et aucun connecteur ne les relie : pas de « d'abord », pas de « ensuite », pas de « enfin », pas de « or », pas de « donc ». Chaque paragraphe recommence à zéro, sur une formule impersonnelle ou générale : « Les peuples d'Europe » (l. 3), « Le sucre » (l. 6), « Ceux dont il s'agit » (l. 8), « On ne peut se mettre dans l'esprit » (l. 10), « Il est si naturel » (l. 12), « On peut juger » (l. 15), « Une preuve » (l. 19), « Il est impossible » (l. 22). Le groupe « Ceux dont il s'agit » est un tour de greffe et de barreau, cousin de ledit, l'espèce en cause : il désigne sans nommer, et il transforme des personnes en dossier. Le présent domine partout, présent de vérité générale, celui des maximes et des codes. La disposition est celle d'un recueil de lois, et elle a la même vertu commode : un article n'a pas à s'articuler au précédent, il vaut par lui-même. Adopter cette forme, c'est se dispenser de démontrer — et le texte s'en dispense en effet, tout en ayant l'air de ne faire que cela.

c/ Un vocabulaire de la preuve, emprunté à la démonstration. Le plaideur ne cesse d'employer les mots de l'inférence. « Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or » (l. 19-20) : le substantif « preuve » est mis en tête, détaché, et le présentatif « c'est que » l'accroche à son contenu, exactement comme dans une plaidoirie. « On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux » (l. 15) : « juger » et la préposition « par » composent la formule canonique du raisonnement par indices. « ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique » (l. 3-4) : le semi-auxiliaire devoir donne la conclusion pour obligatoire, non pour choisie. Et la dernière période aligne l'appareil complet : « Il est impossible que nous supposions… ; parce que, si nous les supposions… » (l. 22-23) — impossibilité, cause, hypothèse. Le texte porte l'uniforme du raisonnement du premier au dernier mot. C'est un vêtement, et il est trop grand : ces formules de preuve introduisent des faits qui ne prouvent rien.

Cet uniforme est précisément ce qui perd le plaideur : chaque argument, produit comme une preuve, se retourne contre celui qui l'avance.


II — Une argumentation qui se détruit elle-même. Un texte dont les arguments s'annulent, parce qu'ils sont faux un à un et incompatibles entre eux.

a/ Des raisons hétérogènes, incompatibles entre elles. Neuf arguments sont alignés, et ils relèvent de cinq domaines sans rapport : l'histoire (« Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique », l. 3), l'économie (« Le sucre serait trop cher », l. 6), l'apparence physique (« ils ont le nez si écrasé », l. 8-9), la théologie (« que Dieu… ait mis une âme… dans un corps tout noir », l. 10-11), enfin la réputation religieuse (« nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens », l. 24). Or l'argument du sucre et l'argument de Dieu s'excluent : si la volonté divine décide de l'humanité des Africains, le prix d'une denrée n'a rien à faire dans le débat ; si le prix décide, Dieu n'est pas consulté. Le plaideur ne choisit pas, il entasse. Et le premier terme de l'entassement est un aveu : le participe « ayant exterminé » pose l'extermination des Amérindiens comme un fait acquis, dont on ne discute pas, et le raisonnement en tire aussitôt une conséquence, « ils ont dû » (l. 3). Un crime sert de prémisse à un droit. L'accumulation, ici, ne renforce pas : elle discrédite. Neuf raisons hétérogènes pèsent moins qu'une seule, parce qu'elles se contredisent, et parce qu'un homme qui en produit neuf avoue qu'il n'en a aucune.

b/ Des inférences fausses, données pour des évidences. « Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu'il est presque impossible de les plaindre. » (l. 8-9) La consécutive « si… que » relie une donnée physique à un sentiment moral, et il n'existe aucun lien de l'une à l'autre : la forme d'un nez ne commande pas la pitié. L'expression « depuis les pieds jusqu'à la tête » sert d'ordinaire à décrire un examen complet, un homme armé de pied en cap ; employée pour une couleur, elle ne mesure rien, puisqu'un homme noir l'est nécessairement tout entier. L'adverbe « presque » est plus révélateur encore : le plaideur concède qu'un reste de pitié survit malgré tout, et c'est lui-même qui l'écrit. Vient ensuite la preuve la plus retournée du chapitre : « On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, était d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains. » (l. 15-18) L'exemple censé fonder l'argument démontre l'inverse : il exhibe un peuple qui assassine des hommes à cause d'une couleur — exactement ce que le texte est en train de justifier — et ce peuple est loué comme « les meilleurs philosophes du monde ». La caution invoquée est un massacre. Chaque preuve porte sa réfutation avec elle ; le lecteur n'a rien à ajouter.

c/ Une disproportion comique entre la cause et l'effet. « Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. » (l. 6-7) Le sujet grammatical de la phrase est une denrée ; les hommes n'y figurent qu'en complément d'agent, « par des esclaves », rejeté au dernier rang. La syntaxe fait ce que la traite fait : elle met la marchandise en tête et les hommes au bout. La périphrase « la plante qui le produit » évite le mot canne : le plaideur nomme la marchandise avec précision et le travail avec vague, ce qui est la définition même d'un discours commercial. La disproportion revient dans l'argument du collier : « ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence » (l. 19-21). L'adjectif « policées » signifie ici civilisées, pourvues d'une police au sens ancien du terme, c'est-à-dire d'un ordre public réglé. Mais la formule « d'une si grande conséquence » vient d'être employée quatre lignes plus haut, pour la couleur des cheveux chez les Égyptiens : la répétition met les deux choses au même rang, et le culte européen de l'or se trouve mesuré à l'aune du meurtre des roux. Un verre coloré contre un métal jaune : le texte a réduit les deux civilisations à leur bibelot. On rit, et ce rire est un verdict.

Le plaideur s'est réfuté seul ; il reste que le chapitre, lui, n'a toujours rien affirmé.


III — Une condamnation laissée au lecteur. Un texte qui ne prononce jamais la sentence, et qui met le lecteur en position de la prononcer.

a/ Une réfutation absente du texte. Ce qui manque compte ici autant que ce qui est écrit. On ne trouve dans ces vingt-huit lignes ni négation d'auteur, ni « mais », ni « or », ni un seul adjectif de blâme. Les seuls mots de valeur sont dans la bouche du plaideur, et ils sont mélioratifs : « les meilleurs philosophes du monde » (l. 16), « des nations policées » (l. 20-21), « De petits esprits » (l. 25) pour désigner les adversaires. Le mot juste, « injustice » (l. 25), n'apparaît qu'une fois, et c'est l'esclavagiste qui le lâche — pour le minimiser : « exagèrent trop », où l'adverbe « trop » redouble un verbe qui contient déjà l'idée d'excès, pléonasme qui trahit l'agacement plus qu'il ne réfute. Il suffit de comparer avec les chapitres voisins, où Montesquieu parle en son nom et frappe sans détour : « Ces raisons des jurisconsultes ne sont point sensées » (XV, 2) ; « comme tous les hommes naissent égaux, il faut dire que l'esclavage est contre la nature » (XV, 7). Ici, rien de tel. Le sens du chapitre n'est donc pas dans le chapitre : il naît de l'écart entre ce qui est dit et ce que le lecteur sait par ailleurs.

b/ Un « nous » qui compromet celui qui lit. La première personne du pluriel court d'un bout à l'autre : « le droit que nous avons eu » (l. 1), « si nous les supposions des hommes » (l. 23), « nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens » (l. 24). Ce « nous » n'est pas un pluriel de modestie : il désigne les Européens, et il enrôle d'office le lecteur français, chrétien, consommateur de sucre. En face, un seul groupe nominal suffit à tracer la frontière : « ces gens-là » (l. 22), démonstratif de mépris que la particule d'éloignement -là repousse encore. C'est dans cette phrase que le raisonnement atteint son point le plus monstrueux : « Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. » (l. 22-24) Ce n'est pas la nature des Africains qui décide de leur humanité : c'est la réputation des Européens. La conclusion est posée d'abord, la prémisse fabriquée ensuite pour la sauver. Et le glissement de « nous » à « on » — « on commencerait à croire » — désigne le regard extérieur : ce qu'il s'agit de préserver n'est pas la foi, mais l'apparence de la foi. Le lecteur, embarqué depuis la première ligne par le pronom, se découvre à cet instant du côté du plaideur.

c/ Une chute suspendue, sans sentence prononcée. Le dernier paragraphe change d'adversaire : il ne parle plus des Africains mais de ceux qui les défendent, « De petits esprits » (l. 25). Son argument est un appel à l'autorité des puissants — si l'injustice était réelle, les princes d'Europe s'en seraient avisés : « ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ? » (l. 26-28). Mais l'incise « qui font entre eux tant de conventions inutiles » détruit cette autorité au moment même où elle est invoquée : des souverains capables de signer tant de traités sans objet ne prouvent rien par leur silence. Et le chapitre s'achève sur deux mots, « la miséricorde et de la pitié », qui sont ceux mêmes de la morale chrétienne dont le paragraphe précédent vient de montrer qu'elle n'était qu'une façade à préserver. Reste la ponctuation : le point d'interrogation final est le seul endroit où ce texte fermé s'ouvre. La question est posée par le plaideur, elle n'appelle de lui aucune réponse — c'est le lecteur qui doit la donner. Toute la démonstration abolitionniste du chapitre tient dans ce blanc.


Conclusion. Le chapitre emprunte d'abord la forme du droit : une phrase d'ouverture à l'irréel qui installe un locuteur de substitution, dix paragraphes disposés en articles, et partout le lexique de la preuve. Il détruit ensuite cette forme de l'intérieur : des raisons qui s'excluent, des inférences sans lien, un exemple qui prouve le contraire de ce qu'il avance, une syntaxe qui place le sucre en tête et les hommes en fin de phrase. Il confie enfin la conclusion au lecteur, en ne réfutant rien, en l'enrôlant dans un « nous » compromettant, et en s'arrêtant sur une question. « Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves » (l. 6-7) se lit d'abord comme l'argument le plus grossier du lot — l'argent opposé aux hommes, la cupidité qui avoue. Relu à la fin, c'est le seul argument vrai du chapitre. Tous les autres sont des mensonges, et le texte les fait voir comme tels : la couleur ne dit rien de l'âme, les cheveux ne se déduisent pas de la peau, un collier de verre ne mesure pas le sens commun. Celui-là est exact : sans travail forcé, le sucre des Antilles coûtait davantage. Montesquieu a donc placé au deuxième rang, entre l'extermination des Amérindiens et la forme d'un nez, la seule raison réelle de la traite ; les sept arguments qui suivent ne sont là que pour l'habiller. C'est la structure entière du chapitre : une vérité économique enfouie sous huit prétextes, et d'autant mieux cachée qu'elle est dite tôt, brièvement, sans insistance, comme une évidence de comptable. Onze ans plus tard, Voltaire donnera la même vérité sans détour, dans la bouche de l'esclave mutilé de Surinam : « C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe » (Candide, ou l'Optimisme, chapitre XIX, 1759). La Convention nationale abolira l'esclavage le 16 pluviôse an II, le 4 février 1794. Entre le Code noir qui déclarait des hommes meubles et le décret qui les déclara citoyens, ces vingt-huit lignes auront fait le travail que ne fait aucune démonstration : elles ont laissé l'esclavagiste parler jusqu'au bout, et il s'est condamné lui-même.

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