Les Misérables
Victor Hugo
De quoi ça parle
Jean Valjean, condamné aux galères pour avoir volé du pain, sort du bagne en 1815 et tente de refaire sa vie sous un autre nom. Il recueille Cosette, la fille de Fantine, que les Thénardier exploitent dans leur auberge. Il est poursuivi par l'inspecteur Javert, au milieu d'une France qui traverse la Restauration, puis l'insurrection de juin 1832.
« Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre ? »
C'est presque toujours la première question. Une réponse vague (« j'ai bien aimé ») coûte cher, parce qu'elle laisse penser que le livre n'a pas été lu.
Le roman est un roman-monde, qui mêle l'intrigue, l'histoire et l'essai : il compte cinq parties, et Hugo y insère des chapitres sur Waterloo, sur l'argot ou sur les égouts de Paris. Il l'a conçu comme un livre contre la misère sociale, qu'il annonce dans sa préface. L'argument le plus solide est donc double : un souffle romanesque, et un engagement d'auteur, exilé depuis le coup d'État de 1851.
Le lien avec ton programme
Rattacher sa lecture cursive à une œuvre étudiée en classe est ce qui distingue le plus nettement un bon entretien d'un entretien moyen : cela prouve que tu as lu les deux.
À rapprocher de Pot-Bouille : deux romans du XIXe siècle qui regardent la société par ses marges et ses classes. Hugo prend le parti des pauvres et le dit avec un souffle lyrique ; Zola se veut observateur et décrit un immeuble bourgeois comme une expérience. Comparer l'enfant devant la poupée et un dîner de la rue de Choiseul montre deux manières de faire sentir l'écart social.
À retenir par cœur
Les questions probables
Prépare-les à voix haute, pas dans ta tête : l'entretien est un oral, et huit minutes sont longues quand on n'a rien préparé.
Question 1
Pourquoi avoir choisi Les Misérables ?
Appuie-toi sur un fait précis : Hugo écrit contre la misère sociale, et il le fait en mêlant roman, histoire et essai. Choisis ensuite une scène, comme Cosette devant la poupée, où l'émotion naît d'un détail et non d'un commentaire.
Question 2
Cosette devant la poupée : pourquoi la scène émeut-elle ?
Parce que Hugo décrit sans plaindre. L'enfant est « pétrifiée » devant un jouet qu'elle n'imagine pas pouvoir toucher, puis la voix de la Thénardier la rappelle à ses tâches. La pitié vient de l'écart entre ce qu'elle regarde et ce qu'elle a, pas d'un mot du narrateur.
Question 3
Hugo est-il un romancier engagé ?
Oui, et il le revendique : la préface annonce que le livre est utile tant que la misère existe. Mais précise la méthode. Il montre des vies, il ne fait pas un discours : c'est le récit qui accuse la société, pas un tract.
Question 4
Jean Valjean est-il un héros ou une victime ?
Les deux, et c'est le sens du roman. Il est victime d'une justice qui l'a condamné pour un vol de pain, puis héros par ses choix : le chandelier de Mgr Myriel l'oblige à devenir meilleur. Hugo montre que l'homme peut changer, quand la société lui en laisse la chance.
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